Quand la physique quantique rencontre la danse : le pas de deux robotique de Merritt Moore

La danseuse américaine Merritt Moore a toujours eu deux passions dans la vie, la physique quantique et la danse. Réalisant qu’elles sont loin d’être incompatibles, Merritt Moore les fait dialoguer dans des petits duos avec un bras robotique spécialement programmé par ses soins.

Combiner la science et les arts

Quel est le point commun entre les mathématiques et des chaussons de danse ? Une devinette des plus saugrenues penserez-vous ? Oui peut-être pour vous, mais pas pour Merritt Moore, une jeune physicienne et danseuse classique professionnelle de 33 ans, qui combine ses deux passions depuis une vingtaine d’années.

C’est à l’âge de 13 ans que la jeune Merritt Moore, après avoir fait du violon et de la gymnastique, se découvre une passion pour la danse classique mais également pour les mathématiques. Deux disciplines très exigeantes, sur le plan intellectuel et physique, quand on sait généralement que les danseurs de ballet commencent dès leur plus jeune âge. Mais ce n’est pas son "âge avancé" qui freinera la jeune fille, qui va travailler dur pour rattraper son niveau de danse.

Après ses années de lycées, au moment de choisir son "orientation de carrière", cette jeune fille, curieuse de tout, décide de ne pas choisir entre ses deux passions. Elle entame donc un double cursus, suivant des études dans la physique quantique à Harvard et Oxford, tout en étudiant la danse dans différentes compagnies de ballet, notamment celle de Boston, de Zurich et puis d’Oslo. Après avoir passé son doctorat en physique anatomique en laser – qui l’éloigne pour un temps de ses pointes – elle intègre pour une saison le corps de ballet de l’English National Ballet – excusez du peu.

La "Physique sur les pointes"

Ces deux passions permettent à Merritt Moore d’envisager les liens et les rapports entre la science et les arts comme peu d’autres scientifiques ou artistes peuvent les faire. Alors qu’en 2020, le monde entier se fermait et s’isolait pour faire face à la pandémie du coronavirus, la jeune danseuse, confinée dans son appartement de Londres, réfléchit à un moyen pour les danseurs de continuer à pratiquer leur art. Et si la robotique pouvait aider ? Au début du confinement, la danseuse sortait tout juste d’une résidence de six semaines sur les liens entre la robotique et la danse, et l’idée d’un partenaire de danse robotique lui est très rapidement venue : elle a contacté l’entreprise Universal Robotics, en lui demandant de lui envoyer un bras robotique industriel, utilisé dans le montage automobile, qui répondait au petit nom de "Baryshnibot".

Merritt Moore a alors mis toutes ses connaissances en physique quantique et en robotique pour programmer ce bras robotique, afin que les six tiges qui le composent puissent reproduire le plus fidèlement possible les mouvements du corps humain, leur douceur et leur fluidité, un vrai défi pour un bras mécanique. Un boulot titanesque d’une précision folle, 15 secondes de danses demandant près de cinq heures de programmation, explique la physicienne.

Durant le confinement, la danseuse partageait ses avancées à travers des petits duos de quelques secondes, sur ses réseaux sociaux et notamment sur son compte Instagram, "physicsonpointe", qui compte près de 40.000 abonnés. Et puis, en novembre dernier, Merritt Moore a dévoilé le résultat de ses heures de travail acharné dans une vidéo de deux minutes 30, dans laquelle la danseuse physicienne et son nouveau partenaire robotique effectuent une chorégraphie, parfaitement synchronisée.

Depuis cette vidéo, Merritt Moore continue ses recherches avec son nouveau partenaire et continue de partager sur son compte Instagram de courtes vidéos chorégraphiées avec son Baryshnibot.

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