Philippe Jones : questions de couleurs

Mieux qu’ailleurs, sa connaissance de l’histoire de l’art se révélait par la poésie. "Conservateur des charges", pour paraphraser Jean Tordeur, Philippe Jones était avant tout écrivain, évoluant de la poésie vers les récits brefs, ces sortes d’instantanés pris selon l’angle de vue. Ses textes ont un phrasé classique, et nous ne sachions pas que Philippe Jones eût aimé jouer les trublions dans la grande cour du langage. Pour autant, ses observations sont aiguës, ou plutôt, très fines et intuitives. La poésie lui a permis de tourner autrement qu’en un discours académique ce que représentait pour lui le papier, une tache, ainsi qu’il les a décrits dans Jaillir Saisir :

 

[Le papier] traîne partout riche ou froissé/ mais toujours souple/ il accueille toute lettre orpheline/ boit les méandres du secret

 

[La tache] étire l’œil vers ses bords/ dilue reprend distrait son aventure/ puis fixe le regard/ et attache les fils de l’étonnement

 

Philippe Jones connaissait les avant-gardes, le remue-ménage qu’elles provoquent, comme le mouvement Cobra dont il décrivait quelques-unes des caractéristiques majeures (il est aussi l’auteur d’un essai intitulé L’Art majeur) en 2008.

 

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