Nicolas Bouvier, le poète voyageur : prendre le large à travers les mots

Au milieu de cette période de confinement qui n’en finit pas de se prolonger, nous contraignant à ne presque plus mettre un pied dehors et encore moins passer la frontière, Adèle met à l’honneur dans sa Matinale un écrivain et poète voyageur : le Suisse Nicolas Bouvier.

Beaucoup d’entre nous connaissent son Usage du monde, il est aussi l’auteur d’un recueil de poèmes : Le dedans et le dehors, riche d’une quarantaine de poésies, paru pour la première fois en 1982 et par trois fois complétés.

Voyages aux confins du monde

Le dedans et le dehors est construit comme son titre, en deux parties, mais inversés. D’abord : le dehors, l’aventure, les départs, les voyages qui forment le matériau de base des poèmes et puis le dedans, le retour, et le temps de l’écriture à Genève son port d’attache.

Sans le voyage je n’aurais pas écrit
Sans les livres je n’aurais pas voyagé
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Si les voyages nourrissent sa langue, c’est nous cette fois qu’il fait voyager aux confins du monde. L’Europe, l’Orient, l’Extrême Orient, les Amériques, Nicolas Bouvier n’a jamais cessé de partir et de revenir.

Ses voyages sont pour lui autant d’occasions de se débarrasser du moi, qui encombre, qui fait écran, qui bouche l’horizon. Et cela se ressent dans son écriture poétique qui tend à effacer le "je" du poème pour ne devenir qu’une pure présence sensorielle et se fondre dans la polyphonie du monde.

De la musique avant toute chose

La musique tient une place essentielle dans cette poésie du voyage. Elle infuse pleinement le rythme de l’écriture. Le Suisse en est un grand amateur, surtout de celle qui se joue dans la rue, dans les cafés, la musique populaire en somme. Pour lui, elle fait partie de la connaissance de l’autre et il ne manque jamais pendant ses voyages d’emporter son enregistreur et de tendre son micro vers ces musiques qu’il entend pour la première fois.

"Chansons d’un compagnon voyageur", c’est ainsi qu’il introduit la première suite de poèmes réunis dans le dehors. Ses poèmes empruntent à la chanson ses formes archaïques : refrain, variation, reprise, ils recueillent ce que la chanson a toujours su refléter : les choses de la vie, le temps qui passe, les petits bonheurs.

Et s’il opte pour des poèmes aux allures de chansons, c’est parce qu’il aime aussi le rapport direct qu’elle introduit avec sa vie et ses contours, sans prétention…

Tout cela fait du Le dehors et le dedans un endroit où il fait bon s’arrêter chaque matin à 6h45 dans La matinale.

Le point de non-retour

Tabriz

Novembre

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