Les académies de musique impactées par les nouveaux aménagements des activités des jeunes de moins de 12 ans

Depuis le 1er février, les académies de musique, ainsi que tous les établissements de l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit (ESAHR), doivent à nouveau s’adapter aux nouvelles décisions prises par le Comité de Concertation en réaction à l’aggravation de la situation sanitaire. Les enfants de moins de 12 ans ne peuvent dorénavant avoir qu’une seule activité de groupe en dehors de l’enseignement obligatoire, mettant les jeunes et leurs parents face à des choix cornéliens.

Une seule activité de groupe par semaine

Jusqu’à présent, les enfants de moins de 12 ans avaient toujours la possibilité de pratiquer leurs différentes activités extra-scolaires et suivre leurs cours de l’ESAHR sans restriction. Un privilège dont les adolescents et jeunes adultes étaient privés depuis le mois d’octobre 2020. Face à la détresse psychologique de plus en plus grande des adolescents, il a été décidé de limiter à une activité extra-scolaire par semaine pour les enfants de moins de 12 ans afin de permettre aux plus de 12 ans de reprendre, eux aussi, une et une seule activité de groupe en dehors de l’enseignement obligatoire.

Ces nouvelles mesures, validées par le Comité de concertation et encadrées par un arrêt ministériel, concernent à la fois les activités dites "extra-scolaires" telles que le sport ou les mouvements de jeunesse, mais également l’ESAHR, dans lequel font partie les académies de musique.

L’ESAHR, une activité parascolaire ?

Et c’est bien là que le bât blesse ! Les académies de musique revendiquent leur statut d’enseignement et ne comprennent donc pas pourquoi elles sont concernées par ces nouvelles mesures.

La Ministre de l’Education Caroline Désir a envoyé une circulaire pour l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit qui détaille les nouvelles mesures. Dans celle-ci, Caroline Désir reconnaît bien que l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit est un enseignement à part entière et non une activité extra-scolaire mais explique que la dégradation de la situation sanitaire actuelle demande des efforts de la part de tous les secteurs, afin de réduire les bulles de contacts des enfants.

"Cependant, continue-t-elle, les enfants sont susceptibles de contribuer à la circulation du virus dès lors qu’ils fréquentent non seulement leur bulle familiale et leur classe dans l’enseignement obligatoire, mais aussi, le cas échéant, l’ESAHR, un club sportif, un mouvement de jeunesse, etc. Toutes ces activités mélangent des bulles différentes et représentent donc un risque de transmission à de nombreuses personnes. C’est dans cette optique que la décision a été prise de limiter les contacts des élèves (moins de 12 ans et 13-18 ans) à une seule activité de groupe en dehors de l’enseignement obligatoire. La logique est donc que l’élève ne fréquente qu’une bulle distincte en dehors de l’enseignement obligatoire."

Une décision que regrettent néanmoins de nombreux directeurs d’académie, qui se retrouvent face à des élèves qui sont souvent contraints de choisir entre leur activité sportive et leurs cours à l’académie de musique.

"Pour nous, l’académie est un enseignement, donc c’est toucher à l’enseignement que de prendre ce genre de mesures. C’est vraiment très dommageable pour les enfants pour lesquels c’est une richesse de faire plusieurs activités, de faire du sport, de faire de la musique…", réagit Louis Schoonjans, directeur de l’académie de musique de Schaerbeek.

Sujet JT du 28 janvier 2021 : les Académies également confrontées au choix

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