Le Testament d’Heiligenstadt, le désespoir de Beethoven

En 1801, alors que tout semble sourire à Beethoven professionnellement parlant, un drame survient : Beethoven commence à ressentir des problèmes d’audition.

Il confie alors dans une lettre à Franz Wegeler ses premiers symptômes.

Ces trois dernières années, mes facultés auditives n’ont cessé de s’affaiblir. L’origine du problème, à ce qu’il paraît, c’est l’état de mon abdomen, qui comme tu le sais a toujours été catastrophique, même avant mon départ de Bonn, et n’a fait qu’empirer depuis que je suis à Vienne. […] Pour te donner une idée de cette étrange forme de surdité, je te dirai qu’au théâtre je dois me tenir tout près de l’orchestre pour comprendre ce que dit l’acteur. Les sons des instruments, des voix, dès que je suis un peu éloigné, je ne les entends plus. En parlant, chose étonnante, il y a des gens qui ne s’en aperçoivent pas, comme la plupart du temps j’étais distrait, on me tient pour tel. Parfois aussi, quand celui qui parle s’exprime à voix basse, j’entends bien les sons mais non les paroles, et pourtant je ne peux supporter qu’une personne crie.

Cette découverte est dramatique pour le compositeur et musicien : perdre l’ouïe, c’est perdre son outil de travail. Désemparé par ces acouphènes persistants, Beethoven fuit de plus en plus les conversations, soucieux de cacher du mieux qu’il peut son état. En 1802, Beethoven contracte une sévère maladie. Son médecin, Johann Adam Schmidt, lui conseille une cure de repos et de silence à la campagne. Beethoven décide de partir pour Heiligenstadt, une petite ville au nord de Vienne, où il espère trouver un peu de calme.

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Maison où Beethoven a séjourné à Heiligenstadt © Kean Collection / Getty Images
Intérieur de la maison de Beethoven à Heiligenstadt © Tous droits réservés

Abattu par la dégradation grandissante de son ouïe, Beethoven pense au suicide. Le 6 octobre 1802, il décide d’écrire une lettre poignante, connue aujourd’hui sous le titre de "Testament de Heiligenstadt". Adressée à ses frères, cette lettre retranscrit toute la souffrance et la détresse du musicien face à la tragédie qu’il est en train de vivre. S’agit-il d’un véritable testament, d’une lettre que l’on laisse derrière soi avant de se suicider ou d’une "mise en scène littéraire", nul ne le sait vraiment. Mais ce qui est sûr, c’est que ses frères n’ont jamais reçu cette lettre, qui fut découverte après la mort de Beethoven.

Après plusieurs jours de désespoir, l’état mental de Beethoven s’améliore. Plongé dans l’écriture de ses deuxièmes et troisièmes symphonies notamment, Beethoven retrouve son énergie créatrice.

Le Testament de Heiligenstadt, lu par Axelle Thiry

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