Le son de l’Enfer de Dante : un projet de cartographie sonore infernale

À l’occasion des 700 ans de l’achèvement du chef-d’œuvre de Dante, la Divine Comédie, 80 compositrices, compositeurs et ingénieurs du son se sont réunis autour d’un projet commun, réaliser une cartographie sonore de l’Enfer de Dante. Une descente musicale en Enfer des plus étonnantes.

Ce 14 septembre marque également les 700 ans du décès du poète florentin

C’est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature, La Comédie - qui doit sa qualification de "divine" à Boccace – est un poème allégorique écrit par Dante Alighieri entre 1303 et 1321 et se présente comme un récit imaginaire et allégorique dans l’au-delà, divisé en trois parties, l’Inferno (l’Enfer), il Purgatorio (le Purgatoire) et il Paradiso (le Paradis). De ces trois parties, la première qui concerne l’Enfer et ses différentes strates successives qui s’enfoncent de plus en plus profondément jusqu’au centre de la Terre est sûrement est certainement la plus connue. Elle fut d’ailleurs une source d’inspiration inépuisable pour bien des écrivains – comme Balzac ou Victor Hugo -, des peintres – la représentation de l’Enfer de Dante par Botticelli étant l’une des plus connues – mais aussi de compositeurs, parmi lesquels Liszt, Tchaïkovski, Rachmaninov ou encore Puccini.

Les "sons" de l’Enfer de Dante

Une inspiration musicale qui se poursuit avec un projet de cartographie sonore de l’Enfer, mené par 80 musiciens et ingénieurs du son, venus des quatre coins du monde. À l’occasion des 700 ans de la création de ce monument de la littérature italienne, ces passionnés du son et de la musique ont eu carte blanche pour représenter leur vision sonore des différents niveaux de l’Enfer. Suivant "pas à pas" le cheminement du Poète dans l’Enfer, de la sombre forêt aux différents cercles infernaux, jusqu’au centre de la Terre qui renferme l’Ange déchu, Lucifer, on retrouve sur le site du projet les différents "sons" de l’Enfer qui englobe des nombreux univers sonores, des bruitages successifs aux compositions symphoniques en passant par des cris électros, chacun des artistes a donné sa représentation sonore de l’Enfer.

Voici par exemple comment le compositeur Darren Waly a représenté le son des Limbes.

 

Un autre aspect très intéressant du projet est que l’on peut retrouver la "note d’intention" de chaque artiste, de façon à comprendre ce qui l’a influencé et ce qu’il a voulu exprimer à travers son morceau. Darren Waly explique ainsi que sa composition "essaie de capturer les émotions variées d’être pris au piège dans les limbes." Il continue : "J’ai utilisé des enregistrements de terrain d’une forêt tropicale pour refléter le voyage de Dante. La juxtaposition d’accords et de polyrythmes est frappante, plongeant l’auditeur dans une synthèse organique en couches reflétant la proximité alléchante mais le rejet de l’utopie."

Nous vous invitons donc à faire le même voyage que Dante et à sillonner les différents cercles de l’Enfer et y découvrir leurs "univers sonores".

Une Comédie divine

Dante Alighieri est né en 1265 à Florence, dans une famille de la petite noblesse, de laquelle il reçut une éducation digne de son rang. Si on ne connaît pas grand-chose de son parcours scolaire, nous savons néanmoins qu’il a sûrement fait des études de rhétorique et qu’il connaissait parfaitement le latin. Les auteurs classiques ont d’ailleurs une place très importante dans la vie et l’œuvre de Dante, qui vouait une admiration sans borne pour Virgile. Dante fera même de l’auteur de l’Énéide un personnage de sa Comédie.

C’est en effet Virgile qui sert de guide au narrateur de la Comédie de Dante et fait figure de raison guidant le narrateur à travers l’Enfer et le Purgatoire. C’est une âme chrétienne qui guidera le narrateur dans le Paradis, en la personne de Beatrice, le grand amour de Dante.

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L'Enfer de Dante, représentation du premier livre de la Divine Comédie © David Lees / Getty Images

La Comédie, que l’on connaît mieux sous le titre de Divine Comédie, est l’œuvre la plus célèbre du poète italien.

Rédigé entre 1303 et 1321 en italien – et plus précisément en florentin -, le poème est composé de tercets enchaînés. Les trois parties du poème se composent chacune de 33 chants (l’Enfer présentant également une "introduction"), de telle sorte que la Divine Comédie présente 100 chants, symbolique de l’Unité divine.

Au début du poème, Dante se retrouve perdu en pleine forêt obscure, en proie à un réel égarement spirituel. Voulant se rendre sur la colline baignée de lumière, représentant le Purgatoire, il se retrouve face à trois animaux qui représentent allégoriquement les trois vices de Dante qui l’empêche d’accéder au Divin : la panthère qui représente la luxure, le lion qui représente l’orgueil et enfin la louve qui représente l’avidité. Ces trois animaux vont le pousser plus profondément dans la forêt. C’est alors que Dante rencontre Virgile, symbole de la sagesse et de la raison qui lui explique qu’il lui faudra passer par l’Enfer et entendre la douleur de milliers d’âmes avant de pouvoir monter sur la colline. C’est ainsi que commence le premier chant de la Divine Comédie, par la descente du narrateur à travers les neuf cercles de l’Enfer, jusqu’à Lucifer, l’Ange déchu qui réside au centre de la Terre.

Une œuvre monumentale à redécouvrir, à l’occasion de ses 700 ans.

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