Le poète belge Philippe Jones, une vie d’action et de création artistique, de quête de sens, d’harmonie et d’esthétique

Philippe Jones, c’est le nom de poète que s’est choisi Philippe Roberts-Jones, une des grandes figures du monde culturel belge des XXe et XXIe siècles, décédé en 2016, à l’âge de 91 ans. Il est le poète à l’honneur du moment poésie de La matinale, du lundi au vendredi à 6h45.

Il est historien de l’Art, conservateur en chef des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, professeur émérite à l’ULB. Il y a commencé par les cours de gravure, des origines à nos jours. Puis muséologie… Il y a aussi et notamment, créé la Chaire d’Art Contemporain. Académicien, membre de l’Institut de France, il a essaimé, en Belgique et un peu partout dans le monde, sa passion pour l’Art.

Pour moi, les trois termes fonciers de la création : l’image qui boute le feu à l’imaginaire et éveille la mémoire, mobilisant d’un coup toute la force sensible et intellectuelle.

Philippe Jones

Image, imaginaire, mémoire, sensibilité, intelligence… Ce sont quelques-uns des axes autour desquels s’articule l’écriture de Philippe Jones, poète.

A 23 ans, en 1947, il publie son premier recueil : Le Voyageur de la nuit. Suivront, entre autres, Seul un arbre (Paris, 1952), Amour et Autres Visages (Paris, 1956), Quatre domaines visités (Bxl, 1958). En tout, six recueils entre 1947 et 1958.

En 1971, il revient à ses amours poétiques avec "Graver au Vif". En tout, Philippe Jones écrira plus d’une vingtaine de recueils.

"Racine Ouverte" paru chez "Le Cormier", (poèmes de 1944 à 1975) est introduit par René Char, à qui le poète belge vouait une grande admiration et avec qui il entretenait une correspondance soutenue.

Dans l’ensemble de son œuvre poétique, Philippe Jones est fidèle à certains termes : l’arbre, qui appelle oiseaux, branches et racines. Les pierres, qu’il collectionnait avec sa femme Françoise au gré de leurs voyages en Suisse, Italie, Japon ou encore au Zimbabwe. Les pierres, pérennes et changeantes selon la lumière qui les caresse.

L’Arbre, comme une verticalité, une droiture, un élan, des racines aux feuilles qui reviennent de saison en saison, et qui meurent, colorées. Cet arbre, symbole de la présence/absence de son père Robert Roberts-Jones, Résistant, fusillé par les nazis alors que son fils avait 19 ans. Le tout jeune Philippe s’engage alors lui-même dans l’Armée secrète. Il écrira "Droit", dans "Seul un arbre", et le dernier de ses recueils, paru en 2015 s’intitule, "l’Arbre en chemin".

Entre les deux, toute une vie d’action et de création artistique, de quête de sens, d’harmonie et d’esthétique. Perception fulgurante de l’instant et élégance du mot choisi, agencé. Le mot qui "résonne longtemps dans l’esprit et le cœur… et ouvre sur un lointain horizon " comme disait Jean d’Ormesson dans une lettre à Philippe Jones.

Cette plume créatrice, Philippe Roberts-Jones, l’animera aussi dans des nouvelles et les très nombreux essais et articles critiques d’Art qu’il écrira tout au long de sa vie.

"Bruegel", le livre qu’il a écrit avec son épouse Françoise Roberts-Jones, vient de ressortir chez Flammarion.

"Droit", dans "Seul un arbre"

Parenthèse

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