Le pianiste et poète Alfred Brendel célèbre ses 90 ans

Ce mardi 5 janvier 2021, le pianiste autrichien Alfred Brendel fête ses nonante printemps. L’occasion de revenir sur la carrière musicale de l’un des plus grands pianistes du XXe siècle, autoproclamé autodidacte, mais aussi d’évoquer sa deuxième carrière et passion, celle de la littérature et de l’écriture à laquelle il se consacre pleinement aujourd’hui.

Né le 5 janvier 1931 en Moravie, dans ce qui était encore à l’époque la Tchécoslovaquie (l’actuelle République tchèque), Alfred Brendel a des origines allemande, autrichienne, italienne et slave. Une diversité culturelle que l’on retrouvera également dans le répertoire musical du pianiste. Le petit Alfred Brendel a trois ans lorsqu’il découvre la musique classique, à la radio et sur le phonographe de l’hôtel que ses parents gèrent à cette époque. Il prendra ses premières leçons de piano à l’âge de 6 ans.

En 1943, la famille Brendel s’établit à Graz. C’est dans cette ville autrichienne que Brendel va poursuivre son étude du piano, auprès de Ludowika von Kaan. Il prendra également des cours de composition avec l’organiste et compositeur Artur Michl. Alfred Brendel aime se présenter comme étant un musicien autodidacte. Et il est vrai qu’au-delà de ses seize ans, il ne reçut plus aucune formation académique, ce que le pianiste considère comme étant un grand avantage. Il suivra encore quelques leçons auprès de pianistes tels que Paul Baumgartner, à Bâle, et Eduard Steuermann, à Salzbourg et s’initiera également à la direction d’orchestre.

Il n’a que 17 ans lorsqu’il donne son premier récital, qui se centre sur l’art de la "fugue dans la littérature du piano". Un an plus tard, en 1949, Alfred Brendel participe à la première édition du prestigieux Concours International de piano Ferruccio-Busoni, auquel il remporte le quatrième prix, derrière Lodovico Lessona et Rossana Orlandini (le premier prix n’ayant pas été décerné cette année-là). Eminent intellectuel, Alfred Brendel s’intéresse tout autant à la musique qu’à la peinture et à la littérature. Sa carrière de concertiste l’amène à jouer avec les plus grands orchestres internationaux.

Alfred Brendel a également enregistré une pléthore de disque, faisant de lui l’un des pianistes les plus enregistrés de l’histoire. L’étendue de son répertoire est remarquable, allant de Mozart et ses concertos, à Weber, en passant par Liszt, Schubert, Haydn, Brahms et surtout Beethoven, dont il a enregistré l’intégrale de ses sonates pour piano et, à quatre reprises, les cinq concertos pour piano avec les chefs d’orchestre Heinz Wallberg et Zubin Mehta (1967), Bernard Haitink (1976), Joseph Levine (1983) et Simon Rattle (1998).

Le pianiste poète

Depuis qu’il s’est retiré de la scène musicale, en 2008, Alfred Brendel a définitivement troqué les claviers de piano pour des plumes et des stylos, se consacrant pleinement à sa deuxième passion, celle de l’écriture et plus globalement de la littérature.

Il faut dire qu’Alfred Brendel est notamment l’auteur de deux recueils d’articles sur la musique, Réflexions faites publié en 1979, et Musique côté cour, côté jardin publié en 1994. Mais à côté de cette production littéraire de réflexions autour de la musique, on retrouve également une production poétique. Alfred Brendel cultive, à travers ses poèmes, l’art du non-sens et de l’absurde.

À l’occasion de son anniversaire, Adèle Molle lui consacre son Moment poésie dans La Matinale, tout au long de cette semaine. Une occasion de découvrir la plume espiègle d’Alfred Brendel.

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