Le flamenco de Maria Pagés : Une ode au temps

Le flamenco de Maria Pagés : Une ode au temps
Le flamenco de Maria Pagés : Une ode au temps - © CRISTINA QUICLER - AFP

María Pagés a fait de la danse et du flamenco sa patrie poétique. Créatrice infatigable, iconoclaste par nature, elle est une pionnière qui considère le flamenco comme un art en constante évolution, vivant et contemporain, sans jamais renoncer à l’utilisation des codes fondamentaux de la tradition. Dans "Una Oda al Tiempo", elle interroge la notion du temps. Ce spectacle qui a reçu le Giraldillo du Meilleur spectacle Flamenco lors de la XXe édition de la Biennale de Flamenco de Séville en 2018.

-Un spectacle à voir et revoir sur Auvio

Figure incontournable du flamenco

María Pagés, Prix National de Danse et Médaille d’Or des Beaux-arts en Espagne, débute sa carrière professionnelle auprès d’Antonio Gades. Figure incontournable du flamenco actuel, reconnue internationalement pour son concept esthétique personnel de cet art, elle se produit aujourd’hui avec sa compagnie dans le monde entier (récemment au Mexique, en France et en Chine, la compagnie se prépare pour une tournée en Australie).

Pour cette artiste sévillane, iconoclaste par nature, qui a fait du flamenco son pays d’origine, "la modernité est la tradition du mouvement, et elle est la source du dynamisme de nos langages et de nos idées". Utilisant les codes fondamentaux du flamenco et en explorant le fond et la forme, María Pagés est une pionnière dans la compréhension du flamenco en tant qu’art contemporain et vivant.

Réinvention constante du flamenco

Dans "Una oda al tiempo", elle poursuit son dialogue avec la mémoire de la danse flamenco pour réinventer son art, y puiser sa substance, l’invoquer, le chérir autant que le bousculer. Accompagnée par huit musiciens et huit danseurs, elle nous offre un spectacle très visuel où le travail de lumière prend une place essentielle.

Tout en s’inspirant de Platon, Marguerite Yourcenar, Jorge Luis Borges, John Cage, Octavio Paz, Heidegger, Marcel Duchamp ou Pablo Neruda, Maria Pagés propose une réflexion sur l’irréversibilité implacable du temps, sur le corps, le désir, l’art et peut-être, sur la vie même.

S’inspirant des pionnières comme La Cuenca, La Macarrona, La Malena, La Argentina ou encore La Argentinita, la chorégraphe et bailaora sévillane ravive la mémoire de celles qui ont lutté pour imposer leur propre danse, comme elle le fait elle-même, en secouant les détenteurs d’un flamenco prétendument puro.

Accompagnée sur scène par quatre bailaoras (danseuses de flamenco), quatre bailaores (danseurs de flamenco) et sept musiciens, l’artiste propose une chorégraphie qui interroge l’idée de l’éphémère, du permanent et de l’éternité à partir d’un échange intime et sincère avec le public.

À travers douze scènes, qui recréent douze palos (styles) flamencos, nous parcourons les saisons d’une année. Tous les éléments du spectacle-lumière, mise en scène, costumes, textes, chants, chorégraphie- tissent le fil d’une véritable dramaturgie de la temporalité, qui évoque les rythmes, les mouvements et les ondulations du temps.

La musique intègre des éléments musicaux inspirés d'Igor Stravinski, Pyotr Illy Tchaïkovski, Bernard Hermann, Antonio Vivaldi et Georg Friedrich Händel. Personnage essentiel de l’œuvre, la musique constitue le fil de la dramaturgie.

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Diffusion : vendredi 14 février à 22h05 sur La Trois

Un aperçu du spectacle

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