"Le chardonneret", un drame élégant et touchant de John Crowley

"Le chardonneret", un drame de John Crowley
"Le chardonneret", un drame de John Crowley - © WBEI

Dans sa chronique "cinéma", Nicolas Buytaers nous présente Le chardonneret de John Crowley, adapté du roman du même titre de Donna Tartt et lauréat du Prix Pulitzer en 2014.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

Le chardonneret

Le Chardonneret élégant est un oiseau, c'est même une espèce de passereaux ! Cet oiseau à tête noire, blanche et rouge est au centre du tableau que le jeune Théo, 13 ans, regarde avec sa mère. Ils sont en visite au Metropolitan Museum of Art de New York. Mais Théo n'a d'yeux que pour la jolie rousse qui est juste à côté de lui, avec son père et qui visite également le musée. Quand soudain, une terrible explosion retentit. Un acte terroriste aux nombreuses victimes dont la maman de Théo. Le garçon va grandir avec un atroce sentiment de culpabilité. Pour lui, c'est clair, c'est de sa faute si sa mère est morte dans cet attentat. Dépressif, sous médicaments, il tente sans cesse de remonter la pente mais la culpabilité est trop pesante. Pour ne pas sombrer totalement, Théo s'accroche à un secret : dans l'agitation des premiers secours arrivés au musée, Théo a dérobé le tableau au chardonneret. Et ce tableau, il le garde comme un précieux trésor. Une manière de ne pas oublier sa mère...

Le chardonneret, on le doit au réalisateur irlandais John Crowley (Intermission, Boy A et la saison 2 de True detective). C'est un réalisateur stylé et stylisé. La preuve une fois de plus avec ce film Le chardonneret adapté du roman éponyme écrit par Donna Tartt et qui a obtenu le Prix Pulitzer en 2014. Livre jugé inadaptable car intense, introspectif et sombre. Mais Crowley s'en sort bien. Son casting est impressionnant : Nicole Kidman, Jeffrey Wright, Luke Wilson et Ansel Elgort. Ce film est élégant... trop peut-être... trop élégant, un peu trop lisse mais réellement touchant. De plus, ce drame se transforme en thriller et Crowley perd un peu pied. Il accentue la tension de l'histoire par de nombreux sauts dans le temps. Et son action s'enlise. Bref, c'est beau, c'est élégant mais trop long (2h30). Plus court et mieux rythmé, le film aurait été meilleur !

Au nom de la terre

Pierre est tout jeune quand il rachète dans les années 80 la ferme de son père. Il a 25 ans. Lui il rêvait de ranch, de chevaux... et pas de poulets ni d'agneaux à engraisser pour tenir le coup et survivre. C'est pourtant ce que va faire Pierre : survivre. Il croule sous les dettes car s'il veut que son exploitation soit rentable, il doit investir et investir encore. Sans oublier que son emprunt pour l'achat initial est élevé. Mais il s'en sort... avec sa femme et ses deux enfants. Il y arrive en travaillant quasi 7 jours sur 7. Quand un jour, un incendie se déclare... un accident qui va lui coûter encore plus cher !

Le film Au nom de la terre, on le doit à Edouard Bergeon. C'est le fils de Pierre, le héros de cette histoire. En réalité Edouard nous raconte son enfance. Il nous décrit comment son père s'est tué à la tâche, au propre comme au figuré. Car c'est bel et bien le sujet du film : un cri d'alarme sur la précarité du métier d'agriculteur.

Chambre 212

Dramatiquement joyeux. Il s'agit du nouveau film de Christophe Honoré et il s'intitule Chambre 212. C'est dans cette chambre que Maria va passer une nuit de réflexion. Elle est mariée à Richard depuis 20 ans. Mais celui-ci vient de découvrir qu'elle le trompe. Et Maria avoue : elle l'a toujours trompé mais ce n'est pas parce qu'elle ne l'aime plus, c'est juste pour l'excitation de l'aventure. Donc dans sa chambre 212, dans cet hôtel situé juste en face de leur appartement, Maria va réfléchir à sa vie, à son mariage. Et pendant toute la nuit, elle va recevoir d'étranges visites... Celles de ses amants, de sa mère et sa grand-mère, disparues... Celle de son mari quand il avait 25 ans !

Christophe Honoré (Les chansons d'amour, Dans Paris, La belle personne), c’est un réalisateur à la fois mélancolique et joyeux, dur et tendre, sombre et coloré. Ici c'est encore ça qu'il nous propose avec une touche délirante de surréalisme. Et surtout un excellent casting avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste et Camille Cottin. C'est drôle, c'est touchant, c'est mordant aussi. C'est une fable sur l'amour avec dans le rôle de l'ogre, celui qui dévore tout, les passions comme les rêves : la vie de couple !

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