"Laissez-nous travailler", la demande du secteur culturel rassemblé au sein d’une cellule de crise

Une cellule de crise réunissant tous les acteurs culturels est en train d’être fondée pour faire face à la crise et permettre une reprise des activités dans le respect des normes sanitaires. Dans un article aux allures de lettre ouverte, posté sur le site de la Monnaie, ces acteurs annoncent de but en blanc leurs revendications : faire confiance au secteur, le consulter davantage, et surtout, le laisser travailler.


"Cessez de nous ôter le pain de la bouche, impliquez-nous et laissez-nous travailler en toute sécurité. Si un secteur en est capable, c’est bien le nôtre." Voilà en substance le message que veulent transmettre aux politiques un certain nombre d’acteurs culturels, à savoir l’Antwerps Kunstenoverleg (AKO), l’Artiestencoalitie, le Réseau des arts à Bruxelles (RAB/BKO), le Corona Taskforce Belgian Event Sector, le Gents Kunstenoverleg (GKO), le Live Sector Overleg, l’Overleg Kunstenorganisaties (oKo), le State of the Arts et le Vlaams Museumoverleg, en collaboration avec des acteurs du secteur indépendant non subventionné de la culture et de l’événementiel.

"Des dommages inutiles infligés à un secteur déjà lourdement frappé"

Tous sont en train de se réunir au sein d’une nouvelle cellule de crise, créée selon eux en réponse aux "décisions drastiques et parfois injustifiées de ces derniers mois et de ces dernières semaines", comme ils en témoignent dans un article revendicatif publié sur le site de la Monnaie. Leur reproche est limpide et tient en une seule phrase : "L’impossibilité de gagner sa croûte ; deux poids, deux mesures ; une mauvaise connaissance des possibilités qu’offre le secteur et une volonté insuffisante de le consulter." Pour y remédier, la nouvelle cellule de crise, "qui entend réunir tous les acteurs du secteur (grands ou petits, artistes ou organisations, locaux ou nationaux, commerciaux ou subventionnés)" entend "guider le secteur à travers la crise et reprendre le travail de manière « corona-compatible » là où c’est possible".

Les acteurs susmentionnés déplorent avant tout l’absence de consultation du secteur, qui, associée à un manque apparent d’informations sur les efforts qu’il déploie, conduit à la prise de "décisions irréfléchies", qui "ont frappé durement nombre d’organisations, d’artistes, d’indépendants et de techniciens, qui ont ainsi vu leur gagne-pain s’évaporer", ainsi que "les nombreux amateurs de culture", qui "ont eux aussi été complètement négligés". Dernier exemple en date, l’interdiction des sorties culturelles pour les élèves du secondaire. Bref, "des dommages inutiles infligés à un secteur déjà lourdement frappé, avec de grosses pertes financières à la clé pour les organisateurs, créateurs et collaborateurs impliqués".

"Impliquez systématiquement le secteur culturel"

En fait d’efforts déployés, le secteur se targue d’être celui qui possède "le plus d’expérience dans la gestion des flux de visiteurs". Il fait ainsi valoir le fait que plus de 80 acteurs ont participé à l’élaboration d’un "Guide pour le secteur des arts professionnels" (Sectorgids Professionele Kunsten) avec l’aval du ministre flamand de la Culture Jan Jambon et du GEES (le groupe chargé de la stratégie de sortie du confinement). Dans l’optique de garantir la sécurité des artistes, des collaborateurs et du public, les mesures phare qui y sont préconisées sont : "la distance entre les bulles, le port du masque, la séparation des flux de visiteurs, le gel pour les mains, l’enregistrement des visiteurs".

Dès lors, la cellule de crise "porte un message clair : impliquez systématiquement le secteur culturel". Concrètement, elle réclame que l’on mette à profit son expertise en matière de gestion sanitaire pour offrir des perspectives au secteur et que la réglementation soit confiée à un organe unique qui constitue un interlocuteur clairement identifiable. Le tout avec une revendication centrale : "et par-dessus tout : laissez-nous travailler. Les Guide du secteur et autres protocoles tels que l’Event Risk Matrix existent et ils sont reconnus par les experts comme étant « corona-compatibles »".

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