La vie du Chevalier de Saint-George, surnommé le "Mozart noir", sera bientôt racontée dans un biopic

Nous le connaissons souvent sous le nom de "Chevalier de Saint-George" ou encore sous le surnom de "Mozart noir", Joseph Bologne de Saint-George, escrimeur, militaire actif lors de la Révolution française, musicien et compositeur précoce, a marqué l’histoire de la musique du XVIIIe siècle et pourtant, sa vie reste méconnue du grand public. Des Antilles à la cour de Marie-Antoinette, la vie de Saint-George sera bientôt racontée au cinéma dans un film produit par une filiale de Disney.

Chevalier de Saint-George, le Mozart noir

Bien que Joseph Bologne de Saint-George soit né une dizaine d’années avant Mozart, on lui a souvent donné le surnom de "Mozart noir", tant sa précocité et son talent faisaient penser au compositeur autrichien. Il faut dire que ce fils d’une esclave et d’un propriétaire de plantations a mené une vie exceptionnelle et excellait à la fois dans la composition, le violon et la direction mais aussi dans des disciplines militaires.

C’est cette vie d’exception méconnue du grand public que Stefani Robinson, auteure de séries TV à succès comme Atlanta ou What We Do in the Shadows, a décidé de raconter, comme le révèle le magazine américain Variety. Le film sera réalisé par Stephen Williams et produit par Searchlight Pictures, une filiale des studios Disney. Le casting et les dates de tournages ne sont, quant à eux, pas encore fixés.

Allegro de la Symphonie n°1 op. 11 en ré majeur du Chevalier de Saint-George

Une vie fantasmée, des Antilles à la cour de France

De la vie du Chevalier de Saint-George, on ne sait pas grand-chose qui ne soit certain. On a beaucoup écrit, beaucoup inventé. Alain Guédé, spécialiste de l’œuvre de Saint-George, situe sa naissance vers 1739, en Guadeloupe, qui était à l’époque une colonie française. Chevalier de Saint-George est métis, né d’une esclave et d’un propriétaire blanc de plantations. Alors qu’il a une dizaine d’années, son père l’amène avec lui en France et décide de lui donner l’éducation traditionnellement réservée aux enfants de la haute aristocratie.

Chevalier de Saint-George fera très vite sa place dans la haute aristocratie française, excellant dans l’art de l’escrime et faisant montre d’un talent précoce pour la musique, en tant que violoniste mais aussi de chef d’orchestre. La légende raconte que le Chevalier Saint-George a croisé le fer avec le Chevalier Déon, à la demande expresse du prince de Galles, Georges Auguste de Hanovre.

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Alexandre-Auguste Robineau.- Assaut d’armes à Carlton House entre les chevaliers Saint George et d’Eon, 9 avril 1787. © Tous droits réservés

On sait qu’il a commandé à Haydn ses six symphonies parisiennes dont il dirige la création au palais des Tuileries en présence de Marie-Antoinette. Cette dernière fait d’ailleurs du Chevalier de Saint-George son précepteur de musique et Louis XVI décide de le nommer à la direction de l’Opéra royal. Malheureusement, il dût y renoncer suite à la polémique raciste qu’a engendrée cette décision.

Un engagement dans le mouvement des Lumières

En parallèle à sa carrière artistique, le Chevalier de Saint-George s’engage dans le mouvement des Lumières et fréquente les salons philosophiques. Il sera le premier franc-maçon de peau noire. En 1790, il commence ses activités militaires en s’engageant dans la Garde Nationale. Il deviendra colonel de l’armée française et fondera un régiment de Noirs et de Métis, rapidement appelée la "Légion de Saint-George".

Soupçonné de sympathies royalistes, il sera fait prisonnier sous La Terreur pendant plusieurs mois. Il décède en 1799, terrassé par la maladie. Et trois ans plus tard, lorsque Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage (pourtant aboli quelques années plus tôt), les œuvres du Chevalier de Saint-George sont tout bonnement retirées du répertoire.

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