La poétesse iranienne Forough Farrokhzad, la voix des sentiments féminins dans une société patriarcale

La poétesse Forough Farrokhzad est très certainement l’une des plus grandes poétesses iraniennes du XXe siècle, qui a osé, dans une société où les femmes et les enfants n’ont pas beaucoup de droits, écrire, lire, décrire les sentiments et les désirs féminins. Véritable rebelle pour son époque, elle est mise à l’honneur toute la semaine dans le moment poésie de La matinale de Musiq3.

Née en 1934, dans une famille nombreuse à Téhéran, Forough Farrokhzad s’intéresse très rapidement à la littérature et tout particulièrement à la poésie, dont son père était féru. Elle se marie à l’âge de 16 ans avec Parviz Shapour avec qui elle apprend la peinture. Son amour pour l’art se poursuit, elle commence à écrire à l’âge de 17 ans son premier recueil de poésies "Le captif", qui sera publié en 1955. D’autres recueils suivront tels que "Le mur" en 1956 et "La rébellion" en 1958. La même année, elle rencontre Ibrahim Golestan, écrivain et cinéaste célèbre, et commence à collaborer avec lui.

Parallèlement à la poésie, Forough Farrokhzad s’intéresse au théâtre et au cinéma. Elle suit des études de cinéma en Angleterre et joue dans un premier film en 1960. Forough Farrokhzad réalise deux ans plus tard son premier film intitulé "La maison est noire". L’année suivante, elle remporte le Grand prix documentaire au Festival Oberhausen. Elle n’abandonne pas l’écriture et la poésie pour autant puisqu’au même moment, elle écrit un nouveau recueil de poésie "Une autre naissance". Un titre évocateur puisqu’il marque un véritable tournant dans sa production poétique : dans un langage simple et imagé, Forough Farrokhzad, qui écrivait alors plutôt sur les sentiments féminins, va tourner son regard vers le monde, décrivant, de manière très pessimiste, la société de son temps.

Elle décède tragiquement en 1967 dans un accident de voiture. Elle avait 33 ans. Son dernier recueil "Laissez-nous croire au début de la saison froide" est publié de façon posthume. Pour la célébration du quarantième anniversaire de sa mort, Maryam Dilmaghani traduit une sélection de ses poèmes en anglais.

À cette époque en Iran, la pratique des arts par les femmes était loin d’être vue d’un bon œil et Forough Farrokhzad était une véritable figure rebelle. Rebelle, d’autant plus qu’elle ose écrire des poèmes parlant de sensualité, qui repoussent les limites de ce qui pouvait être écrit par les femmes. Sa poésie était celle de la protestation et révélait le monde des femmes, leurs secrets, leurs désirs intimes, leurs peines et leurs aspirations. C’était ce qu’il manquait pour l’époque dans la poésie des femmes persanes. Ses poèmes sont encore à l’heure actuelle cités pour la liberté et l’indépendance des femmes.

Chaque matin dans la matinale, découvrez un poème écrit par Forough Farrokhzad pour l’instant poésie.

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L’obscurité

Le souvenir d'un jour

L'étranger

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