La douane néo-zélandaise fait détruire le clavier en ivoire d'un piano de 123 ans

La douane néo-zélandaise fait détruire le clavier en ivoire d'un piano de 123 ans
La douane néo-zélandaise fait détruire le clavier en ivoire d'un piano de 123 ans - © D.R.

Le professeur anglais Julian Paton a immigré en Nouvelle-Zélande avec sa famille en novembre dernier, emportant avec eux leur piano droit daté de 1895 avec ses 50 touches en ivoire. Un instrument présent dans la famille Paton depuis plus de trente ans et qui fait l'objet d'une saga bien malheureuse.

Sur ordre du ministère de la conservation chargé de la protection du patrimoine, la douane a procédé à la destruction du clavier en ivoire.

Signataire de la convention internationale sur la protection des espèces en voie de disparition, la Nouvelle-Zélande applique un point du traité visant la destruction des produits conçus à partir de ces animaux. Les objets datant d'avant 1914 ne sont pas concernés par la destruction à condition d'obtenir un certificat d'authenticité. Certificat que n'a pas demandé le propriétaire du piano avant son arrivée sur le sol néo-zélandais, faisant du piano un objet illégal soumis à destruction.

" Nous avons appliqué toutes les règles qui nous ont été indiquées" se défend Julian Paton, rejetant la faute sur l'entreprise chargée de transporter les biens de la famille.

Paton n'a pas hésité à faire intervenir un parlementaire afin d'expliquer son cas à la ministre compétente. Cette dernière a redirigé la requête de Paton vers le directeur du département de conservation. 

Trois options s'offraient au Professeur Paton.  Renvoyer le piano en Angleterre, le détruire complètement ou retirer le clavier en ivoire et récupérer le reste. C'est donc cette dernière solution qui a été retenue par le département, au grand regret de Paton.

La couche d'ivoire a été enlevée par un professionnel sous la supervision du département. L'opération étant à la charge du propriétaire de l'instrument, ce que Paton conteste fermement. D'autant plus qu'il devra financer le remplacement des touches par un clavier synthétique.

Cette histoire prend une tournure politique où l’opposition fustige le manque de souplesse du département fasse à un cas particulier, parlant de "vandalisme".

La ministre se défend simplement en argumentant que la Nouvelle-Zélande doit appliquer les règles en vigueurs.

 

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