La crise sanitaire a augmenté l’intérêt du public pour la musique orchestrale, selon une étude anglaise

Ce 13 janvier 2021, le Royal Philharmonic Orchestra de Londres a publié les résultats d’une étude portant sur l’évolution des pratiques d’écoute de la musique classique pendant la pandémie de Covid-19. Basée sur une enquête réalisée auprès de plus de 8000 personnes au Royaume-Uni, elle met en évidence un fort accroissement de l’intérêt du public pour la musique orchestrale et des effets positifs sur la santé et le bien-être.

Comme le dit le proverbe, "À quelque chose malheur est bon". Il y a aussi du positif à retirer d’une crise, et c’est sur cet aspect des choses qu’a voulu se concentrer le Royal Philharmonic Orchestra (Orchestre royal philharmonique, RPO), basé à Londres, en commandant une vaste étude sur l’évolution des pratiques d’écoute de la musique classique, et plus particulièrement orchestrale, en 2020. "Le RPO, comme de nombreux organismes artistiques, a connu une année potentiellement catastrophique, mais depuis l’été, il s’est concentré sur ce qui est possible, refusant de se plaindre de ce qui ne peut tout simplement pas avoir lieu. Il y a des conclusions positives qui peuvent être tirées, et c’est l’objet de ce rapport. L’engagement du public envers la musique orchestrale, déjà à la hausse avant la pandémie, s’est accéléré pendant le confinement, en particulier chez les plus jeunes", explique James Williams, directeur général du Royal Philharmonic Orchestra.

La recherche a été menée au Royaume-Uni auprès de plus de 8000 personnes, de manière à garantir une représentativité nationale. Elle s’est échelonnée sur l’année 2020 selon 4 étapes dans la crise sanitaire : la période précédant la pandémie, le premier confinement, le déconfinement de la fin du printemps et l’annonce de l’arrivée du vaccin (avant la résurgence récente de l’épidémie au Royaume-Uni). L’étude est également étayée par le point de vue de partenaires de l’industrie et par des témoignages des musiciens et du public de l’orchestre.

Des résultats encourageants

Il apparaît que l’année 2020 s’inscrit déjà dans une évolution positive : avant le confinement, l’intérêt pour la musique classique était déjà à un niveau exceptionnellement haut. Le pourcentage d’adultes déclarant vouloir mieux la connaître était de 35% (contre 22% en 2018), et de 26% chez les jeunes. La musique orchestrale a tendance à accompagner la vie quotidienne, puisque 41% des personnes interrogées en écoutent en voiture, 27% en faisant le ménage, 25% en lisant. Il est à noter également que l’expérience du concert orchestral en live suscite un intérêt tout particulier : 94% des adultes disent envisager de s’y rendre.

Le lockdown généralisé a exacerbé cette tendance, en entraînant un véritable engouement pour la musique classique, en partie grâce à l’augmentation du temps libre. Six personnes sur sept déclarent avoir mis ce temps à profit pour élargir leur horizon culturel. Un tiers d’entre elles témoignent d’un intérêt pour la musique de chambre, l’opéra et l’orchestre. L’un des points qui ressortent est que la musique a eu un impact positif à la fois sur la santé et sur le bien-être des personnes : 71% des personnes qui ont écouté de la musique orchestrale pendant le confinement ont témoigné d’effets positifs tangibles à long terme sur leur humeur et leur bien-être. 66% des parents déclarent également que leur enfant pratiquait davantage son instrument de musique pendant cette période.

Un effet durable

À en croire les répondants, cette ouverture à la musique classique est appelée à se poursuivre à plus long terme. Une personne sur six déclare vouloir continuer à explorer les musiques découvertes pendant le confinement. Le retour des concerts en live suscite encore une certaine méfiance : si une personne sur deux espère revenir assister à des prestations dès le printemps 2021, 48% estiment en revanche devoir attendre encore au moins six mois pour se sentir à l’aise. Mais les gens sont conscients de l’impact de la crise sur le secteur artistique et 43% des personnes se disent prêtes à aider financièrement les organismes artistiques. Parmi eux, ce sont les moins de 35 ans qui apparaissent les plus engagés : ils sont 3 fois plus susceptibles que les plus de 55 ans de devenir membre d’une asbl artistique ou de faire un don. La perspective du vaccin semble rassurer le public anglais : 83% des répondants se sentent plus à l’aise qu’en 2021 pour un certain nombre d’activités sociales. Ceci comprend notamment la participation à des concerts et à des festivals musicaux.

"Cette augmentation continue de l’intérêt que suscitent des organisations telles que le RPO, qui ont fourni du contenu et des enregistrements facilement accessibles tout au long de l’année 2020, est extrêmement précieuse et aura des effets durables", se réjouit James Williams. "De même, en s’adaptant et en s’ajustant au cours de l’année 2020, le RPO a essayé de nouvelles choses et acquis de nouvelles compétences que nous n’aurions pas acquises autrement. La forme des Arts post-COVID sera radicalement différente de ce qu’elle était auparavant".

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