L’Opéra, une nouvelle série qui nous plonge dans le quotidien du ballet de l’Opéra Garnier

Après Philharmonia, dont l’intrigue nous plongeait dans la vie d’un orchestre et des problèmes rencontrés par sa nouvelle cheffe d’orchestre, c’est désormais le ballet de l’Opéra Garnier de Paris qui est au cœur de la très attendue série française L’Opéra, dont les premiers épisodes seront diffusés ce mardi 7 septembre sur OCS. Une série qui a été tournée en grande partie à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège.

Il y a déjà eu la série "Dix pour cent" qui dépeignait le quotidien d’une agence artistique à Paris, et Le Bureau des légendes sur la vie d’un service d’agents du renseignement, il y a maintenant "L’Opéra". Et si l’on évoque les deux premières séries, qui ont connu un succès retentissant, c’est parce que c’est Cécile Ducrocq, une des scénaristes de "Dix pour cent" et du "Bureau des légendes" qui réalise "L’Opéra" qui sera diffusée dès ce mardi 7 septembre sur OCS.

Dépeindre le fonctionnement d’un corps de ballet, ses réalités, le quotidien des danseuses et danseurs de l’Opéra et des gens de l’ombre sans qui le spectacle ne serait rien. Voici les ambitions annoncées de cette nouvelle série produite par Orange dont nous vous parlions déjà en 2019.

Le spectateur pourra suivre les aventures de trois personnages aux destins croisés : Zoé Monin (Ariane Labed), danseuse étoile de 35 ans à la carrière fulgurante mais "qui vit dans l’excès" et que l’Opéra veut licencier, la jeune danseuse noire Flora, 19 ans, (Suzy Bemba), surnuméraire (engagée en CDD) qui se bat pour intégrer la compagnie, et Sébastien Cheneau (Raphaël Personnaz), nouveau Directeur de la danse de 38 ans "flamboyant et ambitieux, qui veut faire briller l’Opéra au firmament de la danse mondiale".

Des séquences ont été tournées au Palais Garnier à Paris (grand escalier, toit, entrée des artistes, grand foyer), mais l’essentiel l’a été à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège. Les salles de répétition ont été reconstituées, et le casting mélange anciens danseurs et comédiens qui se sont entraînés et sont doublés durant les scènes de danse.

Des sujets, au-delà de la danse

Au festival Séries Mania - où Ariane Labed a été sacrée meilleure actrice en compétition française - scénaristes et réalisateurs ont expliqué avoir voulu montrer une série sur des sujets comme la diversité, la souffrance au travail ou le droit à une seconde chance. Au-delà de la danse.

"Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’ancrage dans notre société contemporaine de l’Opéra, que j’imaginais un peu bêtement pris dans une réalité appartenant à 1890", a déclaré Raphaël Personnaz qui incarne le jeune nouveau Directeur de la danse.

"Ça m’intéressait évidemment d’avoir du glamour, de la danse et de la beauté, mais aussi de montrer dans ce métier les négociations et les frustrations", explique Benjamin Adam qui a créé la série avec Cécile Ducrocq.

En toile de fond, un préavis de grève – qui n’est pas sans rappeler celles qui ont secoué l’Opéra National de Paris à la fin de l’année 2019 -, les tensions ou complicités entre anciens et nouveaux et les tentatives pour réformer une institution réputée rétive aux changements.

Et surtout, des clins d’œil appuyés au mandat mouvementé de Benjamin Millepied, directeur de la danse qui avait apporté une touche glamour à l’Opéra et tenté de réformer la compagnie avant d’en claquer la porte en 2016, au bout d’un an.

Millepied n’avait pas caché ses critiques à l’égard de la hiérarchie très stricte du Ballet ou du terrifiant concours de promotion en interne qui, selon lui, paralysait les danseurs.

Il avait déploré le manque de diversité, comparé le corps de ballet à du "papier peint" et confié un rôle d’étoile à la danseuse métisse Letizia Galloni alors qu’elle n’était encore que coryphée, un échelon loin de celui d’étoile.

La "réforme du statut des étoiles" dans la série rappelle la volonté de Millepied de mettre en avant les jeunes danseurs. Des étoiles s’étaient alors senties "mises au placard", un peu comme le personnage de Zoé Monin.

Les scénaristes assurent que Millepied a été "une influence parmi d’autres". Ils se sont documentés, en discutant avec des danseurs et autres employés de l’Opéra, et ont eu pour "conseil" Astrid Boitel, ancienne élève à l’Ecole de danse de l’Opéra où elle a aussi été assistante à la direction.

Au point que les créateurs de la série "peuvent maintenant comparer des versions différentes du Lac des Cygnes", plaisante la productrice Florence Levard.

Une série qui est assurée d’avoir une deuxième saison, puisque le tournage d’une saison 2 a démarré avant même la diffusion des huit premiers épisodes à partir de ce mardi sur OCS.

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