L’opéra drive-in : une solution pour assister à un opéra tout en respectant la distanciation sociale

L’English National Opera vient d’annoncer une nouvelle solution, inédite dans le monde de l’opéra, pour pallier aux mesures de confinement et de distanciation sociale imposées par les autorités afin d’endiguer la propagation du coronavirus : un opéra drive-in, qui sera mis en place en septembre à Londres à l’Alexandra Palace.

La pandémie de coronavirus pousse le secteur culturel à se renouveler et à imaginer de nouvelles manières de continuer à exister. Après les différentes offres de streaming et de concerts en ligne, l’English National Opera va plus loin en imaginant une reprise d’activité particulière et nous propose un retour dans les années 1950 avec ces séances cinémas sur des parkings accueillant des dizaines de voitures.

Pendant les trois premières semaines de septembre, l’English National Orchestra un opéra en plein air, à Alexandra Palace, au nord de Londres, et pour respecter les mesures de distanciation sociale qui risquent bien d’être encore d’application à la rentrée. Le principe de "Drive&Live" est simple : le public pourra venir en voiture ou à vélo pour assister à une version raccourcie de La Bohème de Puccini, qui sera interprétée, sur une scène montée pour l’occasion, par les chanteurs et musiciens de l’ENO, tous espacés pour respecter également les mesures. Le drive-in pourra accueillir 300 véhicules, qui pourront klaxonner ou faire des appels de phares pour applaudir les artistes.

L’institution précise que la première représentation sera gratuite pour tout le personnel des soins de santé et tous les travailleurs "de première ligne".

Le concept "Drive&Live" suscite déjà l’intérêt et l’ENO prévoit d’étendre ce projet de drive-in dans d’autres villes du Royaume-Uni. Le concept répond aussi à la mission de l’ENO de "l’opéra pour chacun". D’ailleurs, comme le précise Stuart Murphy, le directeur de l’English National Opera, l’idée d’opéra drive-in était à l’étude avant la crise du coronavirus. "C’est une expérimentation et si cela fonctionne, ça pourrait être un moyen d’apporter cette forme d’art au public avec un procédé très différent et authentique à la fois", a précisé Murphy.

Douze représentations sont programmées, avec une version raccourcie de La Bohème de Puccini et une version d’une heure de La Flûte enchantée de Mozart.