L’imaginaire musical de Pablo Picasso, l'artiste qui "n’aimait pas la musique"

Tout au long de sa vie, Pablo Picasso s’est entouré de musiciens et de compositeurs, il a notamment collaboré à de nombreux spectacles et ballets. L’imaginaire musical de Picasso peuple toute l’œuvre de l’artiste espagnol, de ses premiers croquis à ces derniers tableaux… Une fascination pour la musique tout aussi intrigante que l’artiste aurait affirmé ne pas aimer la musique.

Je n’aime pas la musique

Cette affirmation, qui semble si contradictoire quand on regarde les œuvres de l’artiste espagnol, a été attribuée à Picasso par la journaliste française Hélène Parmelin dans les années 60.

S’il n’était pas mélomane et ne savait certainement pas déchiffrer une partition, il est évident que ce génie espagnol a été fasciné par la rythmique et l’univers de la musique, il était d’ailleurs un explorateur minutieux d’instruments, qu’il a représenté tout au long de sa vie.

En effet, l’œuvre de l’artiste, l’un des plus célébrés au monde et qui a fait l’objet d’un nombre incalculable d’expositions, regorge d’instruments, de musiciens et d’évocation à la danse.

Une enfance baignée par la musique andalouse

Picasso est né dans une famille andalouse où la musique faisait partie intégrante du quotidien. Son père, José Ruiz Blasco, était un passionné de flamenco. La culture espagnole, à laquelle il restera fortement attaché, accorde une grande importance à la musique, dans sa grande diversité de rythmes et d’instrumentations.

Sans surprise, la guitare était l’instrument favori de Picasso, un symbole en relation avec son Espagne natale et la figure du saltimbanque, qui devient une forme d’auto-représentation de l’artiste, est présente à travers son œuvre prolifique.

Fascination pour les instruments, peints et fabriqués

Fasciné par les instruments de musique à cordes et à vent, Picasso n’hésitait pas à s’en procurer afin de les étudier minutieusement.

Dans sa période cubiste, Picasso, qui a vécu la majeure partie de sa vie en France, démontait des objets pour les recréer, que ce soit avec un morceau de carton ou sur une toile.

Compagnon pendant près de 20 ans avec la ballerine Olga Khokholova, ami de grands musiciens comme Erik Satie et Igor Stravinsky, il était fasciné par tout ce qui avait attrait à la musique. Il a d’ailleurs collaboré avec le monde de la scène, créant les décors et les costumes pour les Ballets Russes de Diaghilev : il créera notamment les décors, les costumes et le rideau de scène du ballet Parade de Satie et du ballet Le Tricorne de Manuel de Falla.

Il travaillera avec les plus grands compositeurs de son temps, parmi lesquels Erik Satie, Manuel de Falla mais aussi Igor Stravinsky et Darius Milhaud.

Musiciens et ballerines ont habité toutes ses périodes successives, y compris le néoclassique, ce qu’illustre bien le chef-d’œuvre "La Flûte de Pan" (1923), qui représente un adolescent jouant de la syrinx auprès d’un autre dans un décor théâtral d’inspiration méditerranéenne.

Vers la fin de sa vie, la musique se convertit en une célébration. Faunes, satyres et autres personnages mythologiques peuplent ses œuvres qui débordent d’énergie et de sensualité et font "entendre" une musique pittoresque qui fait allusion à l’univers de l’artiste.

La Philharmonie de Paris consacre une exposition aux Musiques de Picasso. Retardée de cinq mois en raison de la crise sanitaire, l’exposition sera visible du 22 septembre 2020 au 3 janvier 2021.

En espérant que la situation sanitaire nous permette rapidement de passer la frontière le temps d’une journée pour pouvoir admirer les quelque 250 œuvres rassemblées à la Philharmonie.

Découvrez l’histoire de ballet Tricorne de Manuel de Falla

Musique et peinture, toute une histoire

Ce n’est pas un secret, s’il y a deux arts qui ont toujours été intimement liés, c’est bien la peinture et la musique. Voici quelques émissions qui traitent de cette interconnexion entre les deux arts :

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