Interdiction des sorties culturelles pour les élèves de secondaire : une situation "catastrophique" pour tout un secteur

Ce mercredi 19 août, la ministre de l’éducation Caroline Désir a annoncé les différentes mesures prises pour la rentrée scolaire en secondaire, une rentrée placée en code orange. Parmi ces nombreuses mesures, on retrouve l’interdiction "jusqu’à nouvel ordre", des sorties culturelles, ainsi que l’interdiction pour des tiers de venir au sein des écoles. Un nouveau coup de massue pour tout un secteur culturel qui dépend beaucoup du scolaire : les musées, les théâtres, les cinémas et aussi les opéras.

Une décision incompréhensible

Depuis des mois, le secteur culturel paye un lourd tribut dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Si le dernier Conseil national de Sécurité du 20 août dernier assouplie légèrement les règles en matière d’accueil de spectateurs dans les salles de spectacle (200 personnes en intérieur et 400 personnes à l’extérieur), les acteurs culturels peinent difficile à voir l’avenir sereinement.

Une autre décision politique est venue assombrir l’avenir du secteur culturel, déjà à bout de souffle après le confinement de trois mois qui a imposé son arrêt total. Cette décision est celle de la ministre de l’éducation, Caroline Désir, qui interdit, jusqu’à nouvel ordre, aux élèves de secondaire toutes activités extra-muros, incluant donc les sorties culturelles. Autre interdiction, celle d’accueil des tiers au sein de l’établissement, empêchant également la venue d’artistes dans les classes.

Parmi les institutions touchées par cette interdiction, La Monnaie, qui accueille chaque année des milliers d’étudiants du secondaire. Dans le Journal Le Soir, Sophie Briard, responsable des publics, a exprimé son inquiétude face à cette interdiction, tout en espérant que la situation évolue rapidement : "Ce serait catastrophique. Notre espoir est que, comme les choses évoluent facilement, cette décision ne perdure pas trop longtemps. […] 75% des adultes qui viennent à l’opéra le font parce qu’ils ont vécu une première expérience avant 18 ans. On sème beaucoup plus qu’on ne le pense. Ce serait dommage qu’il y ait un creux par rapport à cela."

Une situation incompréhensible et d’autant plus frustrante que, d’après Sophie Briard, il y avait déjà une grande demande de la part des professeurs pour recommencer ces activités extrascolaires.

A l’instar des théâtres et des musées, les opéras développent tout un programme pédagogique, permettant aux élèves de visiter l’opéra ou d’assister à une répétition ou à une représentation. Ils organisent également des ateliers autour de la voix et de l’opéra, c’est notamment le cas de La Monnaie ou de l’Opéra Royal de Wallonie.

Une interdiction qui touche tous les domaines culturels

Face à cette décision de la ministre de l’éducation, c’est tout un secteur qui tombe des nues, les théâtres – et notamment les théâtres jeune public – les centres culturels, les cinémas mais aussi les musées qui dépendent grandement du public scolaire. Le manque à gagner est immense pour un secteur déjà bien touché par la crise sanitaire. Ainsi, des expositions comme celle des trésors de Toutânkhamon à Liège-Guillemins, a dû faire face à 40.000 réservations scolaires annulées.

Si du côté politique, on se veut rassurant en assurant que cette mesure n'est pas définitive et réévaluée au fur et à mesure de l'évolution de la crise sanitaire, les acteurs culturels s'estiment une nouvelle fois lésés, mis sur le côté et pénalisés alors que d'autres secteurs bénéficient déjà de plus de liberté en termes de capacité d'accueil. 

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