En France, des artistes improvisent un concert devant le Ministère de la Culture pour protester contre le couvre-feu

Alors qu’en Belgique, le monde culturel et événementiel retient son souffle dans l’attente des décisions qui seront prises par le Comité de concertation qui vient d'être avancé à ce jeudi 22 octobre, le monde culturel français, durement touché par le couvre-feu de 21h à 6h imposé dans huit métropoles du pays, proteste.

Concert à Roselyne

Depuis le 14 octobre et l’annonce du couvre-feu à partir de 21h à Paris et dans huit métropoles françaises, c’est le branle-bas de combat dans les institutions culturelles, qui se lancent dans des plans de reprogrammations de leurs événements, avançant les heures de représentations et en raccourcissant ces dernières. La colère gronde et la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot n’arrive pas à obtenir auprès du Premier ministre Jean Castex une dérogation au couvre-feu demandé par les salles de spectacles et de cinéma.

Face à ce refus du Premier ministre et face aux difficultés extrêmes que ce couvre-feu fait peser sur le secteur du spectacle vivant déjà "à l’agonie", des artistes ont décidé d’organiser un "Concert à Roselyne", devant le Ministère de la Culture, ce mercredi 21 octobre, soit une semaine après l’annonce du gouvernement.

Sur la page Facebook de l’événement, les organisateurs avaient mis à disposition des partitions qui ont été jouées, des titres pour le moins évocateurs et de circonstance : Va pensiero, le célèbre chœur des esclaves tiré de Nabucco de Verdi, la Sarabande de Haendel, Le Déserteur de Boris Vian et la chanson Bella Ciao.

Un véritable drame pour le monde du spectacle vivant

L’objectif de cette "manifestation" était de faire entendre la voix de tout un secteur qui se sent "injustement" visé par les mesures prises par le gouvernement Macron. Le pianiste et compositeur Grégoire Letouvet, au cœur de l’événement, espère que ces actions permettront d’obtenir cette fameuse dérogation qui décalerait d’une heure le couvre-feu.

Il dénonce, dans La Lettre du Musicien, un traitement injuste du secteur, qui n’a cessé de s’adapter pour respecter au mieux les mesures sanitaires : "Nous nous sommes tus, en essayant de sauver nos structures, en nous adaptantNous avons drastiquement adopté les mesures sanitaires demandées et, jusqu’à preuve du contraire, aucun foyer de contamination n’est parti d’une salle de spectacle".

En Belgique, le secteur culturel a été épargné par les dernières mesures prises le vendredi 16 octobre dernier, mais attend fébrilement les décisions du prochain Comité de concertation qui aura finalement lieu ce jeudi 22 octobre dans la soirée, alors qu’il se dit, dans le milieu, qu’il y aurait sur la table une piste qui viserait à limiter tous les spectacles à 40 personnes, ce qui serait catastrophique pour tout le secteur.

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