Des manuscrits musicaux de Philippe Boesmans vendus aux enchères et bientôt conservés à la Bibliothèque royale de Belgique

Le Fonds Léon Courtin-Marcelle Bouché a fait l’acquisition d’un lot de 17 manuscrits musicaux autographes du compositeur belge Philippe Boesmans qui étaient sur le point d’être vendus séparément, lors de la vente aux enchères de la Maison Ader qui proposait notamment un portrait de Claude Debussy par Jacques-Émile Blanche, mais également plusieurs centaines de manuscrits, dont certains de compositeurs encore vivants.

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Le 12 octobre dernier, la maison de ventes Ader organisait dans ses locaux à Paris une vente aux enchères intitulée "Lettres & Manuscrits autographes – Musique". Outre le portrait de Claude Debussy, réalisé par Jacques-Émile Blanche, qui a été adjugé à 220.000 euros avant d’être préempté par le Musée de la Musique, la vente aux enchères proposait également des centaines de manuscrits et partitions des Bach, Bizet, Debussy, Berg, Chabrier ou encore Berlioz mais également des manuscrits d’œuvres contemporaines, parmi lesquels 17 manuscrits de Philippe Boesmans.

La Fondation Roi Baudouin, gestionnaire du Fonds Léon Courtin-Marcelle Bouché qui a acquis le 12 octobre dernier les manuscrits, va désormais les confier à la section Musique de la Bibliothèque royale de Belgique, où ils seront conservés dans des conditions optimales et seront accessibles à la recherche.

L’acquisition de ces 17 compositions issues de la collection de manuscrits musicaux de l’éditeur parisien Jobert permettra en outre de développer l’expertise musicale et musicologique relative à Philippe Boesmans, a précisé la Fondation Roi Baudouin dans un communiqué. Jusqu’à présent, les bibliothèques et institutions belges ne possédaient aucun manuscrit autographe de Philippe Boesmans dans leurs collections.

Parmi les manuscrits acquis figurent notamment le premier opéra de Philippe Boesmans, La Passion de Gilles, dont la première fut donnée à la Monnaie en 1983, et L’incoronazione di Poppea, la réorchestration de l’opéra de Monteverdi que Boesmans a réalisée à la demande de Gerard Mortier, directeur de la Monnaie.

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Des compositeurs vivants "scandalisés" par cette vente aux enchères

La colère gronde chez de nombreux compositeurs qui ont vu leurs manuscrits être mis aux enchères ce 12 octobre dernier. Les manuscrits en question proviennent de la maison Jobert, à qui les compositeurs ont cédé leurs manuscrits – et leurs droits patrimoniaux – pour la reproduction pour gravure. En 2007, l’héritier du fondateur de la maison Jobert, Tristan de Céleyran, l’a vendue aux éditions Lemoine qui n’ont toutefois pas acquis la valeur patrimoniale des œuvres.

C’est ainsi que Tristan de Céleyran, qui a, comme le rapporte France Musique, "conservé ces manuscrits pendant 14 ans", engendrant donc des frais de conservation, a décidé de vendre ces manuscrits aux enchères, sans en informer au préalable les compositeurs de ces œuvres qui allaient être vendues.

Et si, sur le plan légal, cette vente aux enchères est tout à fait en règle, c’est l’aspect éthique de cette vente qui scandalise les compositeurs, qui ne percevront aucun centime de la vente de leurs œuvres.

Les partitions de Philippe Boesmans étaient, quant à elles, vendues séparément et risquaient donc d’être "démantelée". L’offre globale faite par le Fonds Léon Courtin-Marcelle Bouché a donc permis de conserver l’intégralité des manuscrits mis en vente.

Dans l’article de France Musique, on peut lire les témoignages des compositeurs Alain Bancquart et Pascal Dusapin, qui se sentent trahis et spoilés par cette vente aux enchères.

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