"Der Hirt auf dem Felsen" de Franz Schubert

À l’exception de Die Taubenpost (“La poste aux pigeons”) et d’un austère exercice de fugue, Le Pâtre sur le Rocher est la dernière composition de Franz Schubert. En 1827, à peu près un an après la disparition de Beethoven, Schubert, rongé par la syphilis et atteint de fièvre typhoïde, s’installe sur son lit de mort chez son frère Ferdinand. Alors qu’il connaît ses derniers instants, il demande à ce que quatre musiciens lui jouent une dernière fois l’opus 131 de Beethoven, œuvre dont Schubert aurait dit " après ceci, que reste-t-il à écrire ? " Le Pâtre sur le Rocher, mélodie pour voix de soprano, piano et clarinette compte parmi les œuvres les plus italiennes de Schubert, jamais dans son œuvre l’ombre des alpes italiennes n’a été aussi présente, avec cette obsédante cantilène qui deviendrait la marque de fabrique de Vincenzo Bellini, jeune italien dont le talent venait d’éclater un an plus tôt à la Scala de Milan grâce au Pirate. La dédicataire et créatrice du Pâtre est Anne Milder ; une chanteuse dont l’importance dans l’histoire de la musique se mesure à sa biographie : elle créé le rôle de Leonore dans le Fidelio de Beethoven et chante, entre autres faits de gloire, dans la Passion selon Saint-Matthieu de Bach sous la direction de Felix Mendelssohn. On notera que le plus célèbre précédent d’une aria avec clarinette obliggato se trouve dans La Clémence de Titus de Mozart ; là, Sesto, s’effondrait d’amour pour Vitellia – comme dans notre Pâtre – la clarinette était déjà le témoin des soupirs d’un jeune homme dont la fébrilité trouvait ses délicats appuis dans un timbre féminin.

Invités : Martine Dumont-Mergeay (La Libre Belgique), Claude Jottrand (Forumopera.com) et Pierre Xhonneux (clarinette solo du Philharmonique d'Oslo).
Production et présentation : Camille DE RIJCK

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