Coronavirus en Belgique : le désarroi du milieu culturel face aux nouvelles décisions régionales

Depuis le vendredi 23 octobre, les nerfs des artistes belges sont mis à rude épreuve : alors que les instances fédérales annonçaient dans la matinée le maintien des activités culturelles, avec une restriction de 200 personnes maximum, les régions wallonnes et bruxelloises ont pris des mesures supplémentaires qui touchent rudement le secteur.

En Wallonie, les activités culturelles sont maintenues mais un couvre-feu de 22h à 6h du matin oblige de nombreuses salles à revoir leur organisation. A Bruxelles, c’est la douche froide pour tout le secteur de la culture, qui se voit obligé d’arrêter, purement et simplement, toutes ses activités à partir de ce lundi 26 octobre jusqu’au 19 novembre.

Camille De Rijck revient sur la situation et surtout sur le désarroi des artistes.

On sait déjà à quel point les artistes luttaient déjà depuis le premier confinement, à quel point le statut de certains était précaire, à quel point leur envie de monter sur scène ne dépendait pas que d’un besoin de s’exprimer mais aussi d’un besoin strictement alimentaire, et ces nouvelles mesures viennent les heurter de plein fouet. Ils se disent tout d’abord choqués par cette cacophonie dans laquelle les mesures ont été décidées… Ce qui est sûr, c’est qu’à cause de la décision du gouvernement fédéral, certains entrepreneurs de spectacles se sont mis, toutes affaires cessantes, à commencer à adopter de nouvelles règles qui auraient pu leur permettre de continuer leurs activités… De nouvelles mesures qui ont été ensuite "contredites" par les annonces d’Elio Di Rupo, (Ministre président wallon ndlr.), quelques heures plus tard et le lendemain, de Rudi Vervoort (Ministre président de la Région de Bruxelles capitale ndlr.) qui est intervenu en annonçant qu’on fermait tous les lieux culturels. Certains se sont donc retrouvés à mettre en application des mesures qui n’étaient déjà plus valables quelques heures plus tard.

Vous vous imaginez, quand on est face à des organisateurs qui sont tout à fait exsangues, à quel point tout cela est chronophage. Evidemment, c’est la pandémie la véritable responsable de cette situation, mais un petit peu de soin et de psychologie dans la communication de ces informations au monde culturel n’aurait peut-être pas été inutile.

En Angleterre, au Royal Opera House, les finances vont tellement mal qu’ils ont décidé de vendre un tableau représentant l’ancien directeur, sir David Webster, peint par David Hockney. Ils ont mis cette toile chez Christies, ils en espéraient 18 millions de livres, ils en ont obtenu que 14 millions. Avec cette somme, ils vont pouvoir tenir un peu mais c’est tout de même vertigineux de se dire que les maisons d’opéra et les institutions culturelles sont obligées de vendre leurs "bijoux de famille" pour pouvoir survivre mais c’est la triste réalité.

Et enfin, le coup de gueule de La Monnaie, qui n’a finalement pu présenter que quelques représentations du Die Tote Stadt de Korngold : Peter de Caluwe, directeur de La Monnaie, s’est exprimé largement sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le journal Le Soir : "Nous, nous avons pris nos responsabilités : annulation, report, aménagement des salles, mesures de sécurité, réduction du nombre de spectateurs, protocoles mis en place avec les avis de toutes les autorités concernées. Et là, ils démolissent tout d’un seul coup."

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