CMIREB : L'histoire du Concours

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Tout a commencé vers 1900, quand la rencontre entre deux personnalités hors normes fait jaillir les projets les plus novateurs et les plus riches de promesses. D'un côté Elisabeth von Wittelsbach, duchesse en Bavière, qui vient d'épouser le prince héritier Albert de Belgique et de s'installer à Bruxelles. En face, Eugène Ysaÿe, le virtuose alors au sommet d'une carrière talentueuse.

Elisabeth a hérité de son père, militaire devenu ophtalmologiste éminent - pionnier des opérations de la cataracte - entre autres, d'une passion dévorante pour la musique ; elle joue d'ailleurs fort bien du violon. C’est une personnalité forte, qui aime imprimer sa marque sur son époque. Le violoniste Eugène Ysaÿe, quant à lui, est le créateur de la Sonate de Franck, du Quatuor de Debussy, du Poème de Chausson; il a fondé un quatuor mémorable, un duo avec Raoul Pugno qui bouscule les habitudes du récital, une société symphonique prestigieuse qui explore le répertoire moderne ; il a également enseigné au Conservatoire de Bruxelles et joue sur tous les continents, acclamé comme le plus célèbre des virtuoses en activité.

Quand Albert Ier monte sur le trône, la Belgique acclame une reine dont l'amour de l'art n'est pas de moindre qualité. Ysaÿe, lui, est nommé Maître de Chapelle de la Cour en 1912, mais cet honneur est peu en rapport à son ambition de devenir directeur du Conservatoire de Bruxelles, poste qui lui a échappé.

Ysaÿe désirait organiser un concours pour jeunes virtuoses, au programme extrêmement large incluant la musique contemporaine, permettant de mettre en évidence la maturité technique et artistique des candidats et de les lancer dans la carrière. Dans cette optique, un morceau inédit était imposé et devait être étudié en loge sans l'aide de quiconque, et surtout pas du professeur. Le violoniste meurt en 1931, peu après la création de la Fondation Musicale Reine Elisabeth. C'est en 1937 que le premier concours Ysaÿe pourra avoir lieu : un jury international d'un niveau exceptionnel accepte l'invitation, les épreuves comprennent des œuvres imposées, mais non inédites et les candidats affluent. Le prestige du nom d'Ysaÿe joint au prestige de la Cour de Belgique - feu le roi Albert et la reine Elisabeth figurent parmi les héros les plus universellement admirés de la première guerre mondiale - rassemblent à Bruxelles l'élite du violon.

Le succès de la première édition du concours Ysaÿe déterminera la suite des événements. Relayé par la radio, et le mélange de sportivité et de qualité artistique de l'événement fidélise immédiatement les amateurs. Dès 1938, une deuxième édition a lieu, cette fois destinée au piano.

Au printemps de 1950, la relance du concours Ysaÿe est décidée. Marcel Cuvelier, directeur de la Société Philharmonique de Bruxelles, fondateur en 1940 des Jeunesses Musicales de Belgique et, en 1945 avec René Nicoly, de la Fédération Internationale des Jeunesses Musicales, convainc la reine Elisabeth de donner son nom à l'épreuve. Paul de Launoit apporte fidèlement un soutien inconditionnel à l'entreprise, dont il assume la présidence. La première session prend place au printemps 1951, selon les principes directement hérités du Concours Ysaÿe.

Le Concours se développera rapidement. Membre fondateur de la Fédération mondiale des concours internationaux de musique (1957), il est depuis sa fondation considéré dans le monde entier comme un des plus prestigieux, mais aussi un des plus exigeants qui soient. Il est réservé au violon (depuis 1951), au piano (depuis 1952), à la composition (depuis 1953) et au chant (depuis 1988). Pour chaque catégorie, pendant un demi-siècle, les sessions seront distantes de quatre ans ; depuis 2007, l’année sabbatique a pris fin (nul ne s’en plaignit) et le concours est devenu annuel, dans la succession piano-chant-violon.

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