Cinq chefs-d’œuvre de Bach à redécouvrir pour les 270 ans de sa mort

Il y a 270 ans jour pour jour, le 28 juillet 1750, le compositeur de génie Johann Sebastian Bach nous quittait. À l’occasion de cet anniversaire, nous vous proposons de redécouvrir cinq de ses plus grands chefs-d’œuvre. Émotion garantie !

On a beaucoup parlé des 250 ans de la naissance de Ludwig Van Beethoven, mais cette année 2020 marque aussi un autre anniversaire important : celui des 270 ans de la mort de Johann Sebastian Bach. Né en 1685, il est décédé le 28 juillet 1750 après 65 années d’une vie bien remplie. Il a laissé derrière lui un héritage considérable qui a durablement marqué l’histoire de la musique et que l’on savoure toujours aujourd’hui avec le même délice. Il serait trop long de faire le compte de tous ses chefs-d’œuvre, tant l’ensemble de son œuvre est d’une qualité constante. Nous nous sommes donc livrés à l’exercice très subjectif de sélectionner cinq œuvres incontournables de son répertoire, que nous vous proposons de réécouter pour l’occasion.

1) La première suite pour violoncelle seul, BWV 1007

Les suites pour violon seul et pour violoncelle seul de Bach sont des bijoux de pureté et de sobriété. Le compositeur les écrit entre 1717 et 1723, alors qu’il exerce comme maître de chapelle à la cour du prince mélomane Léopold d’Anhalt-Köthen. C’est à cette époque également qu’il compose d’autres de ses chefs-d’œuvre les plus célèbres, comme les Concertos brandebourgeois et son recueil de clavecin "Le clavier bien tempéré" (Vol. 1).

La première suite pour violoncelle seul est la plus connue du grand public. Elle est composée de 6 parties : Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, Menuet I et II, Gigue. Découvrez cette version jouée sur violoncelle baroque par Lucia Swarts et captée par la Netherlands Bach Society.

2) La Fantaisie et fugue en sol mineur, BWV 542

Il est impossible de parler de l’œuvre de Bach sans mentionner le répertoire exceptionnel qu’il a composé pour l’orgue, son instrument de prédilection (avec le violon, l’alto et le clavecin), tout au long de sa vie. Grand croyant, Bach a occupé plusieurs postes de maître de chapelle, notamment dans la ville de Leipzig où il passe les 27 dernières années de sa vie. On lui doit un très grand nombre de chorals luthériens (notamment les 46 chorals de l’Orgelbüchlein), de préludes, toccatas, fantaisies et bien sûr de fugues, un genre dans lequel il excellait particulièrement. 

La Fantaisie et fugue en sol mineur a très vraisemblablement été composée en 1720, l’année du décès de la première épouse du compositeur, Maria Barbara Bach. La fantaisie marque la douleur terrible de cette disparition, tandis que la fugue, basée sur une mélodie flamande, y apporte une réponse où triomphent finalement la lumière et la foi.

3) Le concerto pour hautbois et violon en do mineur, BWV 1060r

Le manuscrit du concerto pour hautbois et violon a malheureusement été perdu, mais il a pu être reconstitué parce qu’en 1736, Bach l’avait arrangé comme Concerto pour deux clavecins et orchestre en ut mineur (BWV 1060), une œuvre dont la partition a survécu et qui a pu servir de modèle pour revenir à l’original. Bien que les reconstructions (modernes) ne soient pas l’œuvre de Bach, elles peuvent être considérées comme un traitement de la musique aussi authentique que les transcriptions au clavecin que le compositeur a réalisées par après. Cette version a été captée par la Netherlands Bach Society sur instruments d’époque, avec Emma Black au Hautbois et Shunske Sato au violon et à la direction.

4) Le clavier bien tempéré

Œuvre culte de Bach, le Clavier bien tempéré est constitué de deux recueils de 24 préludes pour clavier (BWV 846 à 869 et BWV 870 à 893). L’œuvre est considérée comme l’une des références les plus décisives dans l’histoire de la musique et a marqué des générations de compositeurs depuis Mozart (qui les découvre tardivement et est tellement choqué qu’il doit se remettre en question) jusqu’à Chopin, en passant par Schumann qui écrivait (en y faisant probablement référence) : "La musique doit à Jean-Sébastien Bach autant qu’une religion à son fondateur".

Par cette œuvre, Bach entendait mettre à l’épreuve les résultats de théoriciens de l’époque qui avaient conduit certains à prôner l’adoption de ce qu’on appelle le tempérament égal (d’où le titre de l’œuvre) : une innovation consistant à diviser artificiellement l’octave naturelle en 12 demi-tons de même valeur (alors que ce n’est pas tout à fait le cas d’un point de vue physique). Le résultat est donc légèrement faux, mais l’oreille s’y habitue et toutes les tonalités deviennent accessibles et il devient possible de moduler à l’infini. Bach était en cela visionnaire, car c’est le tempérament qui s’est imposé par la suite et que l’on utilise encore aujourd’hui.

5) La passion selon Saint-Matthieu, BWV 244

Johann Sebastian Bach est également connu pour ses œuvres vocales. Il excellait notamment dans le genre de la cantate et a également composé des oratorios (œuvres lyriques dramatiques), dont les célèbres passions selon saint Matthieu et saint Jean. Selon sa notice nécrologique, il en avait également écrit trois autres, mais elles ne nous sont malheureusement pas parvenues.

La Passion selon saint Matthieu a été exécutée pour la première fois lors du Vendredi saint de l’année 1727. Elle a été remaniée à deux reprises, la version définitive datant de 1736. C’est une œuvre monumentale de la culture protestante, faisant intervenir des voix solistes, un double chœur et deux orchestres, et qui dure près de trois heures, ce qui en fait l’une des plus longues pièces de la musique baroque. Après la mort du compositeur en 1750, l’œuvre n’a plus été jouée et est tombée dans l’oubli, jusqu’à ce qu’un autre grand compositeur, Félix Mendelssohn, la fasse redécouvrir en 1829, en dirigeant la pièce dans la Sing-Akademie de Berlin. C’est un immense succès, une véritable révélation, vécue à l’époque comme un événement politico-culturel majeur.

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