Cédric Klapisch filme l'univers du ballet dans son dernier long-métrage

Amoureux de la danse depuis ses 14 ans, le réalisateur Cédric Klapisch termine le tournage de son quatorzième long-métrage sur la Scène du Théâtre du Châtelet. "En corps", un film tourné en pleine pandémie, qui sera consacré au monde du ballet et qui met en scène la danseuse Marion Barbeau, qui fait ses débuts au cinéma. La sortie en salle est prévue en 2022.

Sur la scène du Théâtre du Châtelet, les caméras du cinéaste Cédric Klapisch immortalisent les mouvements aériens de la danseuse Marion Barbeau. Alors que les salles de spectacles sont toujours fermées au public, la danseuse Marion Barbeau savoure le plaisir de retrouver la scène et de renouer avec "des émotions fortes qu’on ne retrouve qu’au théâtre".

La première danseuse du ballet de l’Opéra national de Paris fait ses premiers pas au cinéma dans le nouveau long-métrage de Cédric Klapisch, "un petit miracle" dont le tournage a commencé en décembre dernier, en pleine pandémie, et dont l’intrigue se déroulera dans le monde du ballet, un univers qu’affectionne tout particulièrement le cinéaste français. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Klapisch "dirige" des danseurs. On se souvient de la vidéo qu’il avait réalisée pendant le premier confinement, il y a un an, avec les danseurs de l’Opéra national de Paris. Ces derniers, confinés chez eux, dansaient sur "La Danse des Chevaliers", la pièce la plus connue du ballet "Roméo et Juliette" de Prokofiev, pour rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui luttaient en première ligne contre le coronavirus.

"Il y a quelque chose de merveilleux dans le ballet"

Marion Barbeau répète inlassablement un mouvement de bras dans une scène de "La Bayadère", ballet du XIXe siècle durant lequel l’héroïne danse avant de se blesser, ce qui brise son rêve d’étoile.

Cédric Klapisch, tombé amoureux de la danse à 14 ans, multiplie les "Action !", "Coupez !" jusqu’à obtenir un geste "aérien".

"Dans la danse, le rendu est plus global, ici il ne faut penser par exemple qu’à sa main… C’est intéressant car le sens du détail est plus développé. Un micro à-coup ne se verrait absolument pas du public, mais à la caméra, tout se voit", précise la danseuse, à l’Opéra depuis 12 ans après avoir été "petit rat" pendant six ans.

Contrairement à certains films comme "Black Swan" privilégiant des actrices comme Natalie Portman et des doublures pour des rôles de ballerines, le réalisateur a choisi de vrais danseurs pour son quatorzième long-métrage dont la sortie est prévue en 2022.

Un de ses films, "Les Poupées russes", avait déjà côtoyé le monde de la danse classique avec la ballerine Evgenia Obraztsova qui jouait une danseuse russe et il avait réalisé un documentaire sur l’étoile Aurélie Dupont.

Il y a quelque chose de très merveilleux dans le ballet, et quand on a accès aux coulisses, c’est encore plus magique.

Outre Marion Barbeau, que le réalisateur a trouvée "touchante" au casting, on retrouve le chorégraphe israélien Hofesh Shechter et les danseurs de hip-hop Mehdi Baki et Léo Walk dans une distribution qui comprend les acteurs Pio Marmaï, Denis Podalydès et Muriel Robin.

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© AFP / STEPHANE DE SAKUTIN
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Une métaphore de l’isolement actuel

Lors de l’écriture du scénario, le réalisateur de "L’Auberge espagnole" ne se doutait pas à quel point l’histoire de la danseuse blessée allait apparaître comme "une métaphore de ce qu’on vit, sur l’isolement, sur le fait d’arrêter quelque chose".

Dans la salle du Châtelet, se faufilent des dizaines de gens masqués qui seront le faux public du film. Dans les coulisses, des ballerines en tutu s’échauffent et sur scène, l’équipe de Klapisch scrute sur les écrans un gros plan des yeux Marion Barbeau.

"Je trouve hallucinant d’avoir fait ce film (qui fait partie des 239 films agréés en 2020, ndlr). Il y a eu ce côté on ne peut pas mais on le fait quand même", précise le réalisateur.

Le chorégraphe Hofesh Shechter, dont la troupe est basée en Grande-Bretagne, "m’a dit que c’était un miracle car tous leurs spectacles avaient été annulés. Ils étaient dans un état second car ils n’avaient pas dansé depuis des mois. Du coup, paradoxalement, ce Covid donne quelque chose au film".

L’héroïne finit par se reconstruire après une rencontre avec la troupe de Shechter. Cliché où la danse contemporaine est "libératrice" en opposition au "carcan" du classique ? Aussi bien le réalisateur que la ballerine rejette cette interprétation. "Personne ne gagne sur l’autre", souligne Klapisch.

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