Camille Thomas réveille le Théâtre de Marie-Antoinette, un bijou caché de Versailles

A l’heure où les lieux culturels sont toujours fermés au public, la violoncelliste franco-belge Camille Thomas a décidé de réveiller les musées par le son chaleureux de son violoncelle. Après s’être glissée dans le Musée des Arts Décoratifs de Paris, Camille Thomas nous emmène dans un lieu secret du Château de Versailles, le Théâtre de la Reine.

Elle tutoie les cieux en promenant son magnifique violoncelle Stradivarius Feuermann de 1730 sur les toits de Paris, la violoncelliste Camille Thomas continue à partager son amour de la musique malgré le confinement. Depuis le mois de juin, elle est entrée en contact avec des musées encore vides pour y jouer et faire vivre ces lieux culturels qui sont, pour le moment, privés de leurs visiteurs. Un projet qu’elle poursuit avec le deuxième confinement.

"J’avais cette envie d’allier différents types de beauté", la musique et le patrimoine, explique la jeune femme.

Glück de retour au Théâtre de la Reine

La première vidéo de ce projet est sortie le 30 octobre dernier, et compte déjà des milliers de vues : au milieu du Musée des Arts Décoratifs de Paris, Camille Thomas interprète le célèbre air d’opéra de Donizetti, Una furtiva lagrima, arrangé pour violoncelle et orchestre. Pour la deuxième vidéo de son projet, la violoncelliste franco-belge nous emmène dans un lieu secret du domaine du Château de Versailles, le Théâtre de la Reine Marie-Antoinette au domaine du Trianon. Ce théâtre, qui n’avait plus entendu de musique depuis plus d’un siècle s’est donc réveillé sur la Danse des esprits bienheureux de Glück.

De magnifiques images immortalisées par le réalisateur Martin Mirabel, qui accompagnera Camille Thomas dans ce cycle de "Musique d'espoir au musée"

C’est tout un symbole que nous livre Camille Thomas dans cette vidéo, en interprétant sur la scène du Théâtre de Marie-Antoinette, une œuvre de son maître de musique, Glück, qui s’est produit de nombreuses fois dans ce lieu, à la demande de la reine, de 1780 à 1785.

Le seul théâtre français du XVIIIe siècle intact et encore en ordre de marche

Le Théâtre de la Reine, conçut pour l’usage exclusif de Marie-Antoinette, férue de théâtre et de musique, est inauguré le 1er juin 1780. Petit secret du domaine de Versailles, peu de visiteurs peuvent entrer dans ce temple du théâtre qui a su conserver ses décors et ses machineries d’antan.

A découvrir aussi : la musique baroque au temps de Louis XIV se dévoile dans un Expodcast

Le théâtre, en raison de son exiguïté et de son éloignement du Château ne sert plus de salle de spectacle, ce qui a permis de le protéger encore davantage en évitant des mises aux normes de sécurité qui auraient immanquablement nui à son caractère d’authenticité. Camille Thomas a donc eu le grand privilège de monter sur la scène qu’a foulé, pendant cinq ans, la reine Marie-Antoinette, qui aimait jouer la comédie avec son cercle d’intimes.

Outre un exceptionnel décor datant de 1754 qui représente le temple de Minerve au premier acte de Thésée de Quinault et Lully, conçu par les frères Slodtz pour le théâtre de Fontainebleau, le théâtre de la Reine conserve quelques décors (dont deux tableaux complets) du XIXe siècle que l’on doit au décorateur Pierre-Luc-Charles Cicéri et à son atelier : un "intérieur rustique", une forêt, et des fragments d’une décoration de place publique et d’un " salon riche ".

Des tableaux que nous pouvons d’ailleurs admirer derrière la violoncelliste alors qu’elle interprète La danse des esprits bienheureux de Glück, qui fut le maître de musique de Marie-Antoinette. Un moment magique et hors du temps que nous offre Camille Thomas.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK