Arthur Grumiaux, le seul interprète belge à côtoyer les étoiles dans la Sonde spatiale Voyager

Si Arthur Grumiaux, grand interprète et figure majeure du violon belge a mené une carrière internationale brillante, elle est également interplanétaire et persiste dans les étoiles, au sein de la sonde spatiale Voyager.

Né il y a 100 ans, le 21 mars 1921 à Villers-Perwin, Arthur Grumiaux reçoit ses premiers cours de violon à l’âge de trois ans avant de poursuivre son étude de l’instrument au Conservatoire de Bruxelles, où il suivra des cours auprès d’Alfred Dubois, élève d’Eugène Ysaÿe. Arthur Grumiaux reçoit de nombreux prix, dont le premier prix Henri Vieuxtemps en 1939. Il enregistre également près de 80 disques, souvent accompagné de nombreux instrumentistes et ensembles reconnus, comme la pianiste Clara Haskill ou encore l’Orchestre Symphonique de la BBC.

Et parmi les grands moments de sa carrière, il en est un particulier : Arthur Grumiaux et sa musique sont allés dans l’espace ! En 1977, un disque de près de 90 minutes de musiques sélectionnées pour représenter l’Humanité auprès d’une possible vie extraterrestre est lancé dans l’espace sur les Sondes Voyager. Grumiaux y interprète Bach sur trois minutes dans un enregistrement de 1960

The Sounds of Earth

En 1977, les deux sondes Voyager, envoyées dans le cadre du programme d’exploration robotique de l’agence spatiale américaine (NASA), embarquent sur elles le Voyager Golden Record, sorte de " bouteille à la mer ", un disque doré destiné à être lu par un phonographe embarqué dans les sondes qui contiendrait un échantillon des sons de la Terre mais aussi d’images. Le but de ce disque était de pouvoir expliquer l’Histoire de notre monde ainsi que de nos cultures à de potentielles entités extraterrestres à travers ce disque ainsi que son mode d’emploi. 

Le projet naît dans la continuité du projet Pioneer qui avait été lancé en 1972 et 1973. Les sondes Pioneer contenaient une plaque métallique pensée notamment par le professeur et astrophysicien Carl Sagan (1934-1996), représentant une femme et un homme nus mais aussi d’autres représentations comme celle de notre système solaire permettant de comprendre d’où la Sonde est partie.

Voyager se veut encore plus ambitieux. Le professeur Carl Sagan dirige une commission chargée durant près d’une année de récolter du matériel sonore et visuel qui aurait sa place sur le disque pour représenter l’Humanité. De nombreuses photographies de la Terre et des êtres qui la peuplent, que ce soit les humains, les animaux ou les plantes sont collectées et également une grande quantité d’enregistrements sonores tels que des bruits de vent, de pluie ou encore des animaux mais aussi des êtres humains faisant leurs salutations dans cinquante différentes langues connues sur terre et de la musique

Voyager Golden Record

Le Voyager Golden Record contient près d’une trentaine de pistes sélectionnées par la commission mise en place par le physicien Carl Sagan dans le but de donner un aperçu de la diversité des cultures musicales de la Terre. Le disque propose une sélection éclectique de musique classique occidentale, jazz, blues, rock mais aussi de musiques indiennes, indonésiennes, japonaises, chinoises ou encore originaires d’Amérique du Sud.

Parmi les musiques classiques, un extrait du Concerto Brandebourgeois en fa majeur n° 2 (BWV 1047) de Bach dans une interprétation du violoniste Karl-Heinz Schneeberger accompagné du Munich Bach Orchestra (Münchener Bach-Orchester) sous la direction de Karl Richter.

La Flûte Enchantée K. 620 de Mozart y a aussi trouvé sa place avec L’Air de la Reine de la Nuit de l’Acte II interprété par la chanteuse soprano Edda Moser accompagnée du Bavarian State Opera Orchestra sous la direction de Wolfgang Sawallisch.

On peut y entendre aussi un extrait du Sacre du Printemps de Stravinsky, interprété par le Columbia Symphony Orchestra sous la direction du compositeur, mais aussi Glenn Gould interprétant les fameux Prélude et Fugue de Bach en do majeur BWV 970 du livre II du Clavier Bien Tempéré mais aussi du Beethoven. Parmi les autres morceaux disponibles notamment du Louis Armstrong ou encore, Dark Was The Night interprétée et enregistrée en 1927 par Blind Willie Johnson, figure majeure du blues.

Parmi ces nombreux morceaux, le seul interprète belge dont le nom ressort est Arthur Grumiaux, interprétant la Gavotte en Rondeau extraite de la Partita pour violon n°3 en mi majeur de Bach.

La NASA estime que ce disque survivra plus longtemps que la Terre et le Soleil.

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