Marin Marais, compositeur et violiste favori du Roi Soleil : une plongée dans son œuvre

À l’occasion du 365e anniversaire du compositeur français Marin Marais (1656-1728), Musiq3 vous propose de (re) découvrir 5 pièces marquantes de son œuvre. Violiste prestigieux à la cour de Louis XIV, élève de Sainte-Colombe et de Lully, il est l’un des grands représentants de la tradition baroque française.

Né à Paris le 31 mai 1656, le jeune Marin Marais fait ses gammes comme enfant de chœur à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, avant de devenir l’élève du prestigieux violiste et compositeur Jean de Sainte-Colombe (1640-ca.1700), puis du compositeur Jean-Baptiste Lully (1632-1687), surintendant de la musique du roi Louis XIV et maître de musique de la famille royale. Marais commence comme simple musicien de cour, avec le titre modeste de "Musicqueur du Roy", avant d’être promu en 1679 "ordinaire de la chambre du Roy pour la viole", un poste de musique de chambre qu’il occupera la majeure partie de sa vie, jusqu’en 1725, dix ans après la mort du Roi Soleil et trois ans à peine avant son propre décès en 1728.

À côté de ce poste qui lui vaut la gloire d’être le violiste préféré du roi, Marin Marais joue de la viole dans l’orchestre de l’Opéra, de 1695 à 1710 et est également réputé pour son enseignement. Mais c’est surtout comme compositeur qu’il est passé à la postérité. En bon disciple de Lully (italien naturalisé français et qui a francisé jusqu’à son nom), Marin Marais s’oppose à la musique italienne et s’inscrit dans la tradition baroque française. Ses pièces pour viole et ses opéras étaient très appréciés de la Cour. Il reste proche de Lully dans ses opéras, qui se présentent comme des tragédies dont le récitatif se calque sur le schéma métrique du vers. Ses airs adoptent une forme traditionnelle, mais sous l’influence de la cantate française, ils multiplient les ornements et les vocalises. Dans un style tantôt improvisé, tantôt très construit, Marais manifeste surtout son originalité dans les pièces instrumentales, et notamment dans ses pièces pour viole à l’harmonie subtile, qui recourent à un chromatisme expressif, des modulations, des altérations d’accords.

Voici 5 pièces de Marin Marais pour s’immerger dans l’œuvre du compositeur.

1) La sonnerie de Sainte Geneviève du Mont-de-Paris

La sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont-de-Paris est une sonate baroque issue de son recueil "La Gamme et autres morceaux de symphonie pour le violon, la viole et le clavecin", l’une de ses œuvres les plus célèbres, publiée tardivement en 1723. Il s’agit d’une passacaille (sorte d’ostinato) basée sur la répétition des notes ré-fa-mi, qui évoque les cloches de l’ancienne abbaye de Sainte-Geneviève de Paris. L’œuvre est aussi célèbre pour avoir été reprise dans la bande-son du film "Tous les matins du monde" d’Alain Corneau en 1991, avec Jordi Savall à la direction musicale et à la viole de gambe.

2) La suite en ré mineur du 2e livre

De 1701 à 1725, Marin Marais publie successivement cinq livres de pièces pour une ou deux violes et basse continue, qui sont des chefs-d’œuvre du genre. Au total, cela représente 584 pièces écrites pour cette formation. La suite en ré mineur (pour une basse de viole et clavecin) que nous vous proposons de découvrir ci-dessous est issue du "Deuxième livre de pièces pour viole".

3) Tempeste (tempête), de Alcyone

Alcyone est un opéra réalisé sous la forme d’une tragédie en musique, un genre spécifiquement français créé par Lully. L’opéra est composé d’un prologue et de cinq actes et basé sur un livret d’Antoine Houdar de la Motte qui s’inspire du mythe de Alcyone et Ceix dans les Métamorphoses d’Ovide. L’opéra est particulièrement connu pour la scène de tempête qui est figurée par la musique dans l’acte IV.

4) La suite IIa en sol mineur

La suite IIa pour flûte est issue du recueil "Pièces en trio pour les flûtes, violon, et dessus de viole", publié en 1692. Il s’agit de pièces comprenant trois voix : deux voix de dessus et une basse continue, pouvant être jouées dans différentes configurations instrumentales et même en ensemble.

5) La chaconne de Sémélé

Sémélé (1709) est le dernier opéra de Marin Marais, sous forme de tragédie en musique, qui est longtemps resté dans l’oubli, ayant rencontré peu de succès de son vivant, avant d’être repris dans les années 2000 par Hervé Niquet et Le Concert Spirituel. L’histoire est une fois encore inspirée de la mythologie grecque, puisque Sémélé est l’une des infortunées maîtresses de Zeus. Voici la chaconne issue de cette œuvre.

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