Une maison de poupée, trop lisse pour convaincre

Une maison de poupée, trop lisse pour convaincre
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Une maison de poupée, trop lisse pour convaincre - © ZvonocK

La célèbre pièce d’Henrik Ibsen est présentée au Théâtre Royal du Parc à Bruxelles dans une mise en scène de Ladislas Chollat. Le travail aborde avec une douceur déconcertante, la violence des rapports humains chez Ibsen. Une maison de poupée est accessible au tout public à partir du 9 juin au Théâtre Royal du Parc.

Sur le papier, le spectacle a tout pour plaire. Le Théâtre Royal du Parc entretient une longue histoire avec la pièce. Il est le premier théâtre à avoir présenté l’œuvre en français, deux ans avant les théâtres parisiens. Une maison de poupée a été créée en 1879 avant d’être rapidement censurée dans de nombreux pays d’Europe. A travers ce drame, Ibsen éclaire en visionnaire, les rapports de force qui existent au sein d’un couple.

Une maison de poupée

Au centre du drame, il y a l’insouciante Nora qui semble, dans les premières scènes, se contenter du rôle d’épouse modèle que la société bourgeoise lui assigne. Nora virevolte de gaieté. Elle se complaît dans la réussite d’un mariage faste avec un homme respectable et influent, ne se souciant que rarement de la détresse des personnes qui lui rendent visite. Toutefois, Nora cache un lourd secret financier. A mesure que le mystère est dévoilé, elle prend conscience de l’image d’épouse gâtée, de mère docile et de femme dépensière que son entourage lui impose. Au dernier acte, désormais lavée de tout soupçon, elle quitte son mari et ses enfants pour prendre son indépendance.

 

La mise en scène de Ladislas Chollat situe les personnages de l’œuvre dans les années cinquante aux Etats-Unis. Dans le rôle de Nora, Anouchka Vingtier apparaît en robe somptueuse dans un petit salon bourgeois, au milieu duquel son personnage va prendre conscience de sa condition de femme et d’épouse. La violence des rapports humains est constamment rappelée dans le texte d’Ibsen. Pourtant la mise en scène de Ladislas Chollat semble étonnamment lisse et dénuée de toute forme d’animosité. " Je n’ai pas voulu que les rapports humains soient terribles, c’est une pièce d’amour, je voulais qu’on croie au couple ".

Ladislas Chollat au micro de François Caudron

Un décor imposant, tout en mouvement

Le décor de Thibaut de Coster et de Charly Kleinermann reproduit, presque à l’échelle, la petite maison familiale sur un gigantesque plateau tournant. L’espace de jeu en mouvement permet au public d’observer le drame sous tous ses angles. Malheureusement, la confrontation entre Nora et son mari est à l’image de la robe de Nora. Elle est trop lisse, trop pâle et trop terne.

Une maison de poupée, le drame d’Henrik Ibsen est présenté au Théâtre du Parc à Bruxelles. Le spectacle est ouvert au tout public à partir du 9 juin.

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