Johan Muyle, No Room for Regrets, expo au Mac's au Grand-Hornu

Johan Muyle, No Room for Regrets, expo au Mac’s au Grand-Hornu
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Johan Muyle, No Room for Regrets, expo au Mac’s au Grand-Hornu - © Tous droits réservés

Le Musée des Arts contemporains au Grand-Hornu présente une " rétro-prospective " de Johan Muyle courant sur trente-trois ans de création. Le Mac’s ouvre ses salles à des créations en apparence ludiques qui interrogent notre regard sur l’état du monde.

Johan Muyle est un sculpteur et un assembleur d’objets. Les sculptures sont en action, animées par un moteur. Les objets rassemblés sont parfois fabriqués par des artisans des rues de Kinshasa ou des peintres affichistes de Madras. Les œuvres sont des allégories qui évoquent des situations politiques et dénoncent le pouvoir et la barbarie, l’esclavage et le colonialisme, le poids de la religion et des idéologies.

L’œuvre est allégorique, mais son interprétation n’est jamais univoque. Elle s’offre au décryptage comme un rébus. Elle charrie les aphorismes, Is there life before death ? ou Plus d’opium pour le peuple,  et elle mise sur le pouvoir de l’oxymore en avançant une chose et son contraire. 

Des pièces peu connues entrées dans des collections privées voisinent avec des œuvres emblématiques.

B. au bord des lèvres (1992) fait allusion à une épisode du règne du roi Baudouin. Le 4 avril 1990, le souverain, opposé à la dépénalisation de l’avortement, se met en " impossibilité de régner " afin de ne pas devoir contresigner la loi. L’effigie du roi est représentée sur une boîte de biscuits métallique. Deux jets d’eau coulent des yeux et les larmes sont recueillies dans une coupelle suggérant un bénitier. Exposée dans la même salle, l’œuvre qui a pour titre L’impossibilité de régner ( 1991) figure un rhinocéros en trois dimensions et à l’échelle un. Le pachyderme a la corne sciée. L’animal motorisé se meut sur des roulettes et se cogne contre les parois de l’arène.

Lucy I have a dream (2008) présente un moulage grandeur nature de Lucy, la mère de l’humanité, dont les restes ont été découverts en Ethiopie. Elle porte une machette dans une main et une lampe-tempête dans l’autre. Elle est coiffée d’un navire négrier qui dans un mouvement de bascule fend les flots. Notre ancêtre endosse un écran dont l’image montre L’Origine du monde, le célèbre tableau de Courbet qui dévoile l’entrejambe d’une femme à la peau blanche, les cuisses écartées. Tantôt l’image passe au discours de Martin Luther King revendiquant l’égalité des droits civiques entre Blancs et Afro-Américains.

No room for regrets de Johan Muyle invite les spectateurs à être vigilants face aux dérives du monde qui gagnent sur nos libertés et nos individualités. Exposition ouverte jusqu’au 18 avril 2021.

Johan Muyle au micro de Pascal Goffaux.

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