Danser brut à Bozar : le mouvement dans tous ses états

Valeska Gert Tanzerische Pantomimen, 1925 Cinémathèque de la danse, Pantin
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Valeska Gert Tanzerische Pantomimen, 1925 Cinémathèque de la danse, Pantin - © D.R. Centre national de la danse CND

Mise à jour 29 octobre : Les musées belges sont contraints de fermer leurs portes. Vous pouvez dès à présent découvrir l'ensemble des expositions de Bozar, dont Hotel Beethoven, à travers une visite virtuelle en 3D

Bozar présente une nouvelle exposition, Danser brut, qui établit des correspondances entre les expressions corporelles de la folie et les figures de la danse moderne.

Les archives du neurologue français Jean-Martin Charcot qui soignait sous hypnose à la Salpêtrière à Paris dans les années 1860 sont inspirantes. Elles montrent chez les patients des mouvements d’agitation, des gestes saccadés, des attitudes crispées et des postures catatoniques que l’on retrouve, maîtrisés physiquement, dans les chorégraphies de la danse moderne.

De Mary Wigman à Alain Platel en passant par Jane Avril et Michael Jackson, les influences sont multiples.

Mary Wigman exécute un solo en 1914. La danse de la sorcière est une tarentelle qui cloue la danseuse au sol. Elle apparaît comme possédée. Les mouvements s’extirpent des entrailles de son corps. Jane Avril, la muse d’Henri de Toulouse-Lautrec est une des danseuses les plus célèbres du Moulin rouge. L’étoile du cancan est surnommée Jane la Folle. Michael Jackson met en scène des morts-vivants dans la danse zombie qui accompagne le clip Thriller et qui flirte avec la folie furieuse. Le chorégraphe flamand Alain Platel a travaillé sur scène avec des personnes porteuses d’un handicap et intégré les gestes de la folie dans ses chorégraphies.

L’exposition réunit aussi des artistes plasticiens. La danse du crayon est bien présente avec des dessins de Vaslav Nijinski. Des créateurs de l’art brut comme Adolf Wölfli et Guo Fengyi côtoient des créateurs qui n’appartiennent pas à l’art outsider. Aucune stigmatisation de la folie dans les cartels ! Un principe d’émancipation préside au grand brassage d’œuvres et d’artistes présentés dans l’exposition.

En 1986, le psychiatre Dirk De Wachter avait exploré les archives de Charcot à la Salpêtrière : les photos et les films montrant des patients en crise. Les images de la folie semblent avoir inspiré les chorégraphes modernes. Danser brut à Bozar jusqu’au 10 janvier, en collaboration, avec le Musée du Dr Guislain de Gand  (et le Lam de Villeneuve d’Asq).

 

Dirk De Wachter est au micro de Pascal Goffaux.

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