Fulu Act, les photographies de Colin Delfosse : l'Afrique questionne les murs de Bozar

Colin Delfosse, Fulu Act, l'Afrique questionne les murs de Bozar
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Colin Delfosse, Fulu Act, l'Afrique questionne les murs de Bozar - © Tous droits réservés

Le photographe belge Colin Delfosse est journaliste de formation, diplômé de l’IHECS. Il a fondé le collectif Out of focus avec la photographe Pauline Beugnies (qui a vécu la révolution égyptienne en 2011 et a publié Génération Tahrir, aux éditions Le bec en l’air). Le photographe a reçu de nombreux prix notamment le Nikon Press Photo Award en 2014. Il n’en est pas à son premier projet en République Démocratique du Congo. En 2007, il mène une enquête sur les Gécamines dans le Katanga. En 2008, il réalise des portraits de catcheurs-féticheurs : les lutteurs se jettent des sorts dans les quartiers pauvres de Kinshasa. En 2012, il suit des groupes rebelles au Nord-Kivu et livre un reportage sur cette zone de conflit sous le titre Dancing Ashes. Le Kivu depuis deux décennies vit l’enfer : des meurtres, des viols et des déplacements de foules. Les habitants résistent. La vie malgré tout se vit au quotidien. Un quotidien qui exhale une constante odeur de poudre.

Fulu Act est le nouveau projet de Colin Delfosse. Il présente jusqu’au 8 avril de grandes photos couleur à l’extérieur du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Les images qui recouvrent le mur de la rue Royale font face au palais royal. Elles représentent des personnages de pied en cap portant des costumes constitués d’objets de récupération : seringues, canettes, pots d’échappement ou vieux portables qui contiennent le précieux coltan. Les modèles sont membres de deux collectifs de performeurs de Kinshasa : Ndaku Ya la vie est belle et Farata. Les performeurs, le visage nu ou masqué, regardent l’objectif. La position est frontale. L’attitude est sculpturale. Les personnages posent à la manière de monumentaux fétiches à clous. Leur pouvoir magique est d’interroger sur l’impact de la colonisation et de la globalisation et de poser la question de la responsabilité.

Sorona Munsya, la commissaire de l’exposition, est au micro de Pascal Goffaux.

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