Cécile Massart, une "culture du nucléaire" avec son exposition Sarcophagi Radioactive Waste au Botanique

Cécile Massart, Sarcophagi Radioactive Waste, expo au Bota.nique
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Cécile Massart, Sarcophagi Radioactive Waste, expo au Bota.nique - © Tous droits réservés

Depuis 1994, l’artiste belge Cécile Massart s’intéresse à la question de l’identification des sites de stockage de déchets radioactifs. Les déchets hautement radioactifs restent dangereux pendant des centaines de milliers d’années. Enfouis sous la terre, ils deviennent invisibles. Leur effacement préoccupe l’artiste qui souhaite sensibiliser le public, mais aussi les politiques et les agences de gestion de stockage de déchets radioactifs. Elle imagine tout d’abord des marqueurs, des signes perceptifs, qui signalent dans le paysage l’endroit de l’enfouissement des déchets faiblement radioactifs.

En 2013 et 2014, Cécile Massart visite deux centres installés aux Etats-Unis. Waste Isolation Pilot Plant au Nouveau-Mexique et Yucca Mountain au Nevada sont deux sites de stockage de déchets radioactifs à vie longue. Leur installation dans un paysage désertique loin de toute présence humaine repose la question de l’utilité du marquage.

Cécile Massart développe alors l’idée d’une structure ou d’un laboratoire implanté(e) sur le site où les modes de transmission de la mémoire seraient étudiés par des scientifiques et des chercheurs, des artistes et des philosophes, des citoyens et des riverains. Tous gardiens de la mémoire. Les humains resteront les médiateurs, car les moyens numériques par l’obsolescence programmée des supports ne suffiront pas.

L’exposition Sarcophagi Radioactive Waste crée "une culture du nucléaire". Cécile Massart recourt aux informations délivrées par les agences de gestion du nucléaire et s’emploie à produire des œuvres qui réactivent la mémoire pour les générations à venir.

Une installation d’écrans d’ordinateur obsolètes figure des toiles de mémoire dérisoires.

Un demi-moule en acier sert à la réalisation de super conteneurs en béton destinés à stocker les déchets radioactifs dans le sous-sol. Des capteurs placés dans le béton et autour du béton évaluent la manière dont le matériau réagit dans le temps.

L’ONDRAF/NIRAS, organisme national des déchets radioactifs et des matières fissibles enrichies, a commencé à penser le site qui accueillera les déchets radioactifs à Dessel. Des échantillons de forage géologique livrent des informations sur la perméabilité du sol.

Des blocs de graphite prêtés par le centre nucléaire de Mol incitent à dessiner. Le graphite est un " modérateur " dans certains réacteurs nucléaires. Il sera utilisé au cours de l’exposition par Chloé Van Oost qui dessinera le nouveau site de stockage de déchets radioactifs de Dessel.

Cécile Massart multiplie les formes et utilise différents médiums : dessin, gravure, photo, peinture, vidéo, installation et livre d’artiste.

Des images fantômes encollées sur des blocs de plâtre alertent. L’assemblage de Lego par un enfant s’avère un jeu dangereux et offre un bel ensemble de photos. La course du soleil dans l’atelier est captée par la vidéo. Elle inscrit le temps long dans le Museum du Botanique à Bruxelles.

L’exposition Sarcophagi Radioactive Waste est ouverte jusqu’au 25 avril. Un ouvrage éponyme paraît à La lettre volée qui réunit Cécile Massart et Aldo Guillaume Turin.

Cécile Massart est au micro de Pascal Goffaux.

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