"Ce qui reste" de Nicole Malinconi : récit des enfants de l'après-guerre

Ce qui reste, de Nicole Malinconi, aux Impressions nouvelles
Ce qui reste, de Nicole Malinconi, aux Impressions nouvelles - © Tous droits réservés

Nicole Malinconi est née en 1946, d’une mère belge et d’un père italien. Elle commence sa vie professionnelle comme assistante sociale à Namur. Elle collabore avec le docteur Willy Peers engagé dans le combat des femmes pour le droit à l’interruption de grossesse. L’expérience nourrit son premier texte, Hôpital silence, paru en 1985 aux éditions de Minuit. 

Nous deux, qui obtient le Prix Rossel en 1993, évoque l’amour et la haine qui unissait l’auteure et sa mère. L’observation du réel et l’analyse du vivant animent une écriture qui met l’humain au centre.

Ce qui reste est le récit des enfants de l’après-guerre qui connaissent l’évolution de la vie moderne grâce au "progrès". Le lecteur suit les transformations de la société entre 1945 et 1969. Contemporain de l’histoire, il revit les émotions consciemment dans son corps, les souvenirs de l’époque inoculés dans sa chair.

Tous les enfants de l’après-guerre se reconnaissent dans les paroles qui leur sont adressées, il vous faudrait une bonne guerre ; les choses, les langes en tissu, les épingles de sûreté, les chaussons tricotés ... ; les gestes, brûler du café vert dans un tambour en tournant la manivelle, récurer la casserole avec un tampon de paille de fer et de la poudre Vim, … les expressions, mettre la nappe, faire son trottoir, faire son samedi, aller dans les coins... et les croyances, les enfants trouvés dans un chou, les enfants sans baptême errant dans les limbes ...

A l’époque, les choses durent. Aucune obsolescence n’est programmée. Le mode de vie commence à changer avec l’apparition de l’électroménager et l’arrivée du formica. La bascule s’opère. La famille qui avait mangé son pain noir s'apprête à manger son pain blanc. Les golden sixties s’annoncent. Le progrès rapide crée de nouveaux besoins qui riment avec "salle de bain", "automobile" et "télévision". Le temps s’emballe. L’enchaînement du dernier chapitre accuse le rythme.

Nicole Malinconi ressuscite de manière sensible et intelligente une mémoire collective. En brossant le portrait de la classe moyenne, l’auteure chausse les lunettes de l’anthropologie tout en traduisant le souffle de la vie ordinaire. Elle restitue au plus juste les sensations par une écriture irriguée par les principes d’une éthique humaniste.  

Nicole Malinconi est au micro de Pascal Goffaux.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK