Sylvia Huang : la candidate belge séduit d'emblée

Sylvia Huang : la candidate belge séduit d'emblée
Sylvia Huang : la candidate belge séduit d'emblée - © Tous droits réservés

C’est ce lundi 29 avril qu'a débuté le concours Reine Elisabeth 2019 consacré au violon. Parmi les 64 candidats en lice, une seule Belge, Sylvia Huang qui s’est justement présentée en cette journée inaugurale sur la scène du Studio 4 de Flagey. Compte rendu de sa prestation.

 

Alors que l’on imagine déjà la pression pesant sur les épaules de cette unique représentante nationale, rien n’en transparaissait lors de sa montée sur scène.

Tout a débuté par un silence. Un sourire poli vers la salle et puis la concentration, l’instrospection. Sylvia Huang a pris le temps d'installer le calme avant de se lancer d’un ample mouvement d’archet dans l’Adagio et la Fugue de la première sonate pour violon de Bach. Et tout de suite, le son, la projection sonore. Ce qui frappe dans le jeu de cette candidate, c’est son assurance. Dans l'acoustique limpide de Flagey, son Bach sonne juste, certain, convaincu en toute humilité. On sent de l’autorité voire un certain déterminisme, chose très intéressante dans ce genre de concours-marathon.

La première épreuve d’un concours se résume à un écrémage parfois violent au fil de pièces toutes plus difficiles les unes que les autres, laissant le soliste bien seul et démuni face à ce gigantisme artistique. Pensons notamment aux deuxième et dix-septième Caprice qu’elle interprète. Au métier serions-nous tenté de dire, elle articule la légèreté et la décontraction nécessaire à fluidifier ces pièces virtuoses.

Son récital s’est clos par le premier mouvement de la sonate pour violon et piano n°8 de Ludwig van Beethoven, l’occasion de nous faire entendre la chambriste incontestable qu’elle est.

 

Pour terminer, un geste. Un geste simple mais qui en dit certainement long sur la personnalité de cette candidate d’ores et déjà attachante : à peine le dernier accord de Beethoven rendu, se fend-elle d’un grand pas en retrait pour saluer la salle à la hauteur de son pianiste Boris Kusnezow, rappelant bien au public que nulle sonate pour violon n'existe sans piano, liant sa prestation à celle du clavier toujours essentiel dans le corpus de Beethoven.

Une candidate qui mérite selon nous sa place en demi-finale et ce en dehors de toute considération patriotique.

Ecoutez l'intégralité de sa prestation ci-dessous

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