Polémique autour d'un possible financement de la Scala de Milan par l'Arabie Saoudite

L'opéra de Milan est actuellement en négociation avec Riyad pour un possible financement d'une hauteur de quinze millions d'euros et une entrée du ministre saoudien de la Culture dans le conseil d'administration de La Scala. Une négociation qui fait l'objet d'une vive polémique en Italie. 

Le Teatro alla Scala, communément appelé La Scala de Milan, est l'une des maisons d'opéra italiennes les plus prestigieuses au monde. Fondée en 1778 sur la demande de l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche, La Scala fait, depuis plus de deux siècles, la fierté de l'Italie. Une fierté qui risque fort d'être entachée par l'annonce récente faite par le directeur du Théâtre.

Ce mardi 5 mars, le directeur de La Scala, Alexander Pereira, a confirmé dans un entretien au quotidien italien La Repubblica que le Théâtre de La Scala négociait un financement avec l'Arabie Saoudite, dans le but de construire "un partenariat d’au moins cinq ans", à hauteur de " trois millions d’euros chaque année", comme demandé aux actionnaires historiques de la Scala, a-t-il précisé.

L’hypothèse d’une entrée des Saoudiens dans la Scala est une gifle au Milan des droits de l’Homme.

Antonio Panzeri, Eurodéputé du Parti démocrate

Alexander Pereira explique dans cet entretien que les négociations ont commencé après des contacts avec le gouvernement saoudien et Aramco, géant pétrolier saoudien, contacts "suggérés par des hommes proches du président de la Lombardie Attilio Fontana", ce dernier étant membre de la Ligue (extrême droite), parti du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini. Le 7 décembre dernier, à l'occasion de la soirée inaugurale de la nouvelle saison de la Scala, une rencontre a été organisée entre le ministre italien de la Culture Alberto Bonisoli et son homologue saoudien Bader ben Abdallah. Les contacts se sont ensuite poursuivis.

L’eurodéputé du Parti démocrate (PD), Antonio Panzeri, voit ces négociations d'un très mauvais œil : 

Je comprends la nécessité d’obtenir des fonds, mais nous ne pouvons absolument pas permettre qu’un des symboles les plus prestigieux de Milan collabore avec qui dans son propre pays piétine tous les jours les droits et la liberté.

Une polémique qui n'a pas fini d'enflammer l'Italie. 

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