Musiq'3 soutient le KlaraFestival

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Don’t you know it’s gonna be alright

Le Klarafestival 2018 célèbre le 50e anniversaire de deux événements importants. Tout d’abord, le Festival de Flandre Bruxelles, initiateur du Klarafestival, fête ses 50 ans d’existence. Mais la mythique année 1968 est entrée dans l’histoire avant tout comme l’année d’une révolte étudiante qui s’est ensuite étendue au reste de la population. Comment ce double anniversaire se traduit-il dans le programme du Klarafestival 2018 ? Son directeur artistique Hendrik Storme nous éclaire.

" Les protestations à l’échelle mondiale de 1968 étaient certes de nature différente, mais avaient toutes pour cible l’autorité. La première génération de l’après-guerre était devenue adulte. Grâce à un progrès matériel et technologique sans précédent, elle était mieux formée, mieux informée et plus mobile que n’importe quelle génération antérieure. La situation politique était en contraste total avec le rythme soutenu de cette évolution. En effet, le monde était majoritairement régi par des hommes âgés qui semblaient encore vivre comme dans les années 1940. Les étudiants se sont révoltés en réaction à l’hypocrisie de leurs dirigeants conservateurs. Ils croyaient en l’avenir, en un monde fait d’égalité sociale et de paix. Ils étaient remplis d’optimisme, d’euphorie et d’espoirs. Le slogan “L’imagination au pouvoir” en est une belle illustration. C’était l’époque où les Beatles chantaient à gorge déployée : “Don’t you know it’s gonna be alright”. Il y a quelques années, Marc Reynebeau analysait mai 68 dans le Standaard : “Ce large mouvement appelé aujourd’hui ‘mai 68’ est un produit de l’optimisme, voire de l’impatience dans une certaine mesure. Ce sont, non pas les plus défavorisés, mais précisément ceux qui nourrissaient les plus grands espoirs, et avant tout les étudiants, qui en ont été le moteur. Enfin, mai 68 n’a pas émergé dans une situation de crise, mais bien dans une période de conjoncture particulièrement favorable, celle des golden sixties.” "

L’imagination au pouvoir

Les révoltes de 1968 ont finalement engendré peu de résultats tangibles. Le souvenir de cette époque est pourtant devenu un véritable mythe, celui d’un monde où tout est possible, où l’avenir est entre nos mains. Il semble que cet optimisme ait aujourd’hui fait place au pessimisme. Le sentiment d’une grande partie de la population est franchement négatif.

" Pour de nombreuses personnes, l’idéal d’égalité des chances n’est rien de plus qu’une promesse vide de sens, et la colère qu’elle entraîne s’exprime parfois de la façon la plus sombre. Tel est, à peu de choses près, la teneur du message de l’écrivain et essayiste indien Pankaj Mishra dans son ouvrage très controversé Age of Anger (L’ère de la colère). L’élection de Donald Trump, le Brexit, le Moyen-Orient, les changements climatiques, les cyberattaques, l’émergence des politiques de droite, l’affaire des Panama Papers, des Paradise Papers, les leaders despotiques, le phénomène des bulles économiques et la situation globale des pays d’Afrique… Pankaj Mishra épingle tous ces éléments pour en arriver à la conclusion que nous nous retrouvons au milieu d’une “danse macabre”. Pire encore, il pense qu’une catastrophe se prépare, éventuellement sous la forme d’un violent conflit mondial. Nombreux sont celles et ceux qui partagent ce sentiment. "

Tout le programme ici.

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