De Puccini à Rina Ketty, "J'attendrai" et l'amour lointain

Dans sa chronique Dans l’air du temps, Réal Siellez nous propose de revenir sur un titre d’entre-deux-guerres, le tube de l’attente…

Il s’agit d’un titre de 1938 qui parlait à toutes les épouses et toutes les veuves, J’attendrai, chanté par Rina Ketty et son célèbre accent turinois.

Les paroles sont de Louis Poterat qui adapte ici une chanson italienne Tornerai interprétée par le Trio Lescano e quartetto funaro.

Mais ce titre est lui-même inspiré de la musique classique… et forcément, pour être aussi romantique et déchirant, il vient d’un chœur, celui de Madama Butterfly, et de ce qu’on appelle un chœur à bouche fermée, comme si déjà la technique dévolue à cet air était l’impossibilité de mettre les mots exacts sur ce sentiment qu’est l’amour.

Quarante-quatre ans après la création de Puccini, Rina Ketty s’empare donc à son tour de ces quelques notes pour faire le tube du début de la seconde guerre mondiale, puisque chaque épouse esseulée par l’ordre de mobilisation de son mari se retrouvera seule pour chanter à côté de son poste de radio un titre comme celui-là, et ce sera une vague à cette époque de chansons faites du même métal.

Les reprises de J’attendrai en français seront extrêmement nombreuses… Jean Sablon, Tino Rossi, Josephine Baker, etc.

Même le ténor autrichien Richard Tauber, pensant que ce tube est français et voulant plaire aux Anglais s’est amusé à adapter J’attendrai en "au revoir" et à imiter l’accent français qui prononce mal la langue de Shakespeare.

Mais celle qui dans l’adaptation du J’attendrai remet cet air au goût du jour en explosant les records de vente, c’est évidemment la reine du lamento disco… Dalida.

En 1976, elle explose tout au classement des ventes… France, Luxembourg, Québec, Belgique régions francophone et flamande réunies, et pays bas… Le refrain pleure mais les paillettes brillent.

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