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Safia Kessas : "les femmes apprennent à être transparentes dans l'espace public"

MATIN PREMIERE | Mis à jour le mardi 11 avril 2017 à 10h05

  • Safia Kessas revient, cette semaine, sur la semaine internationale de Lutte contre le Harcèlement de Rue qui a eu lieu du 3 et au 9 avril.

    Est-ce que vous en avez parlé à la RTBF ? J’ai cherché et je n’ai pas trouvé grand-chose comme initiatives pour sensibiliser le public à ce fléau cette semaine. Pourtant le harcèlement entrave trop souvent la liberté des femmes de se déplacer dans l'espace public. On note que les plaintes pour sexisme sont presque inexistantes malgré une loi qui est entrée en vigueur en 2014. Une loi qui punit l’auteur de tout geste qui exprime un mépris envers une personne en raison de son sexe, d’une peine de prison et ou d’une amende. Mais il est difficile d’en faire la preuve.

     

    Paradoxe, beaucoup de témoignages et peu de plaintes

    Vie Féminine a lancé en début d’année un appel à témoignages pour mieux appréhender cette réalité et comprendre pourquoi, entre autres les femmes ne déposaient pas plainte. Objectif : faire des propositions pour améliorer la loi sur le sexisme. Les nombreux témoignages indiquent que la loi est encore peu connue des femmes, mais aussi des policiers. Les femmes sont aussi dissuadées de déposer plainte. La chanteuse Marie Warnant qui avait été insultée dans la rue de "sale chienne à abattre" plaide aussi pour un renforcement de la loi. Les femmes apprennent à être transparente dans l’espace public, à ne pas répondre et donc à ne pas porter plainte.

     

    Quand les femmes osent répondre, les choses peuvent tourner très mal

    Vie féminine a déjà récolté près de 450 témoignages édifiants. Il faudra en ajouter un. Ce témoignage lu jeudi sur les réseaux sociaux belges a glacé les internautes en pleine semaine contre le harcèlement de rue. Un extrait : "2h du matin, j'essaye de fermer l’œil mais ma rage est à vif.  "T es moche", ces mots irritent mes tympans. Ce soir, alors que je rentrais chez moi, j'ai osé croiser le regard d'un gamin de 16 ans. Je ne marchais pas la tête baissée, le regard fuyant". La jeune femme a alors invectivé le jeune homme qui l’avait insultée. Elle dit regretter cet élan. Elle a été passée à tabac par trois hommes dans la nuit bruxelloise. Elle s’est retrouvée à l’hôpital avec un nez cassé et le visage complètement tuméfié.

     

    L’ampleur du phénomène révélé par une enquête internationale

    L'association Hollaback! et l'université de Cornell ont mené une étude en 2015 dans 22 pays : près de 17.000 femmes passées au crible pour avoir enfin une vision globale du fléau. Résultats : la première expérience désobligeante avec un harceleur a lieu très tôt, parfois dès 11 ans. Tandis que 2 femmes sur 3 disent avoir été suivies dans la rue.

    Pour changer la donne, une initiative canadienne pourrait inspirer. Elle permet aux chauffeurs de bus de marquer un arrêt supplémentaire entre deux stations pour rapprocher les femmes de chez elle dès qu'il fait nuit. Chez nous, l’ASBL Garance propose depuis 17 ans des stages de self-defense pour les femmes, ainsi que des marches exploratoires pour favoriser un aménagement de l’espace public plus sécurisant.

     

    Safia KESSAS

    "Les femmes apprennent à être transparente dans l’espace public"

    Safia Kessas revient, cette semaine, sur la semaine internationale de Lutte contre le Harcèlement de Rue qui a eu lieu du 3 et au 9 avril.

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