Week-end Première

Toute ma vie, j’ai rêvé d’être… dentiste

Chaque mois, avec Olivier Marchal, directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on explore un métier, son histoire, son actualité et son futur. Cette fois, cap sur le métier de dentiste, mal-aimé, et pourtant plein d’avenir.

C’est grâce au ou à la dentiste que vous croquez votre biscotte à pleines dents ou savourez votre café sans douleur. Pourtant, la moitié d’entre vous ne l’aime pas du tout. Pire : certains en ont une peur bleue. Cela porte le doux nom d’odontophobie.

Avoir droit à une peur attitrée, pour un métier c’est étonnant, unique et surtout dommage car le travail ne manque pas. Et pour le prouver, rien de mieux que les chiffres, car si on additionnait toutes les dents de l’Humanité, on atteindrait facilement 385 milliards de quenottes, parmi lesquelles 10 milliards de caries ravies seraient en train de se faire un festin.

Du boulot donc : il n’en manque pas ! Sauf qu’avec leur vieille réputation d’arracheurs de dents, avec les peurs qu’ils charrient, les soins dentaires sont parmi les premiers à être repoussés ; les jeunes ne citent jamais dentiste dans le top 10 des métiers les plus désirables et l’on ne se bouscule pas non plus au portillon pour étudier ce métier.

Peurs ancestrales, imaginaire collectif défavorable… Pour comprendre, il faut remonter à 7000 avant Jésus Christ, quand nos ancêtres galéraient pour soigner le ver de la dent, avec des outils et des techniques qui aujourd’hui s’apparenteraient, au mieux à du bricolage, au pire à de la torture, et dans tous les cas à un condensé d’ignorance. Et nos apprentis dentistes des temps anciens de nous concocter quelques solutions douteuses pour soigner nos douloureuses caries :

  • en bourrant les trous avec de l’argile, en Mésopotamie ;
  • en utilisant de la cire d’abeille, en Slovénie ;
  • ou encore de la bière macérée, au Danemark.

Tout ça, pour arriver enfin à quelque chose d’un tant soit peu sérieux, avec Pline l’ancien, dont les états de service, à l’époque romaine, firent couler beaucoup d’encre, mais pas assez hélas pour remonter jusqu’à nous : la seule invention qui mériterait que l’Histoire retienne son nom, le DENTIFRICE.
 

Un métier ancien donc, très ancien, mais qui n’a jamais cessé d’évoluer.

Jusqu’au 19e siècle, c’étaient les moines et les barbiers qui soignaient les dents. Ensuite, la figure du dentiste s’est fixée jusqu’à devenir un vrai métier, qui n’a depuis jamais cessé d’évoluer, au gré des découvertes scientifiques et des innovations techniques. Avec, pour preuve, les sauts technologiques enthousiasmants à venir, ouvrant une voie nouvelle de soins non-invasifs, moins douloureux, moins angoissants et misant sur le pouvoir régénérant de la nature et du corps humain.

En effet, grâce à de nouveaux outils, c’en sera bientôt fini des affreux marteaux-piqueurs dans la bouche. On utilisera plutôt des fraiseuses laser. Fini aussi les horribles pâtes au menthol plaquées jusqu’à nous étouffer, grâce au moulage 3D réalisé à l’aide de micro-caméras.

Plus stimulante encore, l’annonce de l’extinction à venir des douloureuses dévitalisations et autres arrachages traumatisants : le tout grâce au pouvoir régénérant qui permettra bientôt à vos cellules souches de recréer de la dent neuve, à la demande et en fonction de vos besoins.

Enthousiasmant, non ? De quoi donner, je l’espère, un peu plus envie aux jeunes de choisir ce métier.


Mais l’envie, si importante soit-elle, cruciale en réalité, ne suffira pas seule.

Car il faut aux candidats dentistes de la motivation pour triturer des dents, affronter le sang, l’haleine, et surtout les railleries et les crises d’angoisses. Le problème étant qu’en dentisterie, les patients sont éveillés et ne peuvent littéralement pas la fermer.

Ensuite, au-delà des compétences médicales, évidemment centrales, il faut noter, fait souvent oublié, que dentiste est un métier manuel, qui demande une grande dextérité. Et enfin, face aux peurs légitimes, pédagogie et psychologie feront partie du bagage indispensable pour réussir.

Après tout cela, si vous êtes toujours tenté par ce métier, il ne vous reste plus qu’à contacter votre Cité des Métiers préférée - Bruxelles, Charleroi, Namur ou Liège - ou bien encore leur nouvelle plateforme de conseil en ligne miti.be, qui vous dira tout ce qu’il faut savoir sur ce métier d’avenir, et surtout quelle filière étudier pour y arriver.


Retrouvez ici la chronique d’Olivier Marchal pour Weekend Première
 

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