Week-end Première

Stop aux ruminations mentales!

Stop aux ruminations mentales!
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A l’image d’une vache qui mastique et remâche durant des heures les mêmes aliments, nous avons une tendance naturelle ruminer nos idées noires: quels sont les mécanismes à l’oeuvre et comment y échapper?

“J’aurais pu… j’aurais mieux fait de… et si j’avais plutôt fait comme cela…”
Ces pensées intrusives qui tournent en boucle, ces idées fixes qui nous empêchent de dormir, ces scènes que l’on se répète inlassablement pour trouver ce qu’on aurait du faire et ce que l’on referait dans une situation similaire, sont des cas typiques de ruminations mentales. Ressassées de la sorte, les inquiétudes et contrariétés du quotidien peuvent devenir rapidement envahissantes et épuisantes.

Au-delà des cas d’obsession pathologique, d’après Susan Nolen-Hoeksema, professeur de psychologie à l’université du Michigan, la tendance à " trop penser " serait généralisée dans nos sociétés, puisque deux tiers de la population vivrait des expériences de ce type.

 

Pourquoi ces ruminations mentales?

 

Comme tous nos mécanismes mentaux, ruminer revêt certainement une fonction positive à la base, comme celle de donner du sens à ce que nous vivons, de comprendre ou de contrôler la situation jugée problématique. Mais les ruminations ne permettent pas d’atteindre ces objectifs. Au contraire même, des études ont montré que ruminer contribue au développement et à l’aggravation de la dépression chez des personnes qui n’ont jamais été déprimées, et au maintien de celle-ci chez les personnes qui en souffrent déjà. De plus, les personnes qui ruminent risquent davantage de développer des formes d'auto-sabotage telles que fausses croyances, dévalorisation, manque de motivation etc. Les relations interpersonnelles seraient aussi affectées, car les personnes qui ont tendance à ruminer bénéficient également de moins de soutien social.

Ces effets délétères s’expliquent par différents mécanismes.
Tout d’abord, ruminer accentue la mauvaise humeur et l’anxiété, mène à plus de pensées négatives, interfère avec la capacité à résoudre des problèmes et diminue la motivation à entreprendre des activités susceptibles d’améliorer les choses.

Certains facteurs aggravent cette dynamique. Cela pourrait être le cas par exemple du manque de sommeil. En effet, une étude a montré que dans les cas de privation de sommeil, l’amygdale cérébrale, qui est un peu le “chef d’orchestre” de nos émotions, se sur-activait face aux expériences négatives.
Une autre étude a également révélé que les participants qui dormaient moins ou qui se couchaient plus tard présentaient souvent plus de pensées négatives répétitives que les autres.

 

Les conseils d’Ilios

 

Comment cesser ces ruminations toxiques?

 

  • Reposez-vous et veillez à la qualité de votre sommel
  • Développez des activités physiques ou artistiques pour vous (re)connecter à votre corps et à vos sens.
  • Pratiquez la méditation de pleine conscience, qui peut aider à se détacher de ce type de pensées tout en contribuant à réduire le stress et l’anxiété qui y sont associés.
  • Lâchez prise, cessez de croire qu’il y aurait UNE bonne façon de réagir à une situation, et luttez contre le perfectionnisme
  • Enfin, vous pouvez aussi vous entraîner à ruminer positivement : sur vos réussites, ou sur ce qui beau, bon et qui vous met en joie.

 

 

Ilios Kotsou est docteur en psychologie, maître de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles et co-fondateur de l’asbl Emergences. Chaque semaine, il analyse un thème fondamental de nos vies quotidiennes. Retrouvez-le sur son blog, sur sa page Facebook et tous les dimanches dans Week-end Première.

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