Week-end Première

Rouler à la pâte d'hydrogène ? Ce n'est pas un canular...

On parle beaucoup de l’hydrogène comme le carburant du futur de nos véhicules. A ce stade, on ne peut pas dire que cette technologie se répande. Pasquale Nardone nous explique pourquoi.

Pourquoi nous ne roulons pas l’hydrogène ?

Actuellement, l’hydrogène sert à faire décoller nos fusées. Si on parle de nos véhicules particuliers, seuls quelques modèles de voitures peuvent utiliser ce carburant et le nombre de pompes se compte sur les doigts d’une main.

Les problèmes sont nombreux :

  1. L’hydrogène est un gaz très volatil, très difficile à enfermer.
  2. Si on veut le transformer en liquide, il faut le porter à – 253 degrés. Un procédé très coûteux en énergie.
  3. De plus, sa manutention est dangereuse. Il réagit très vite avec l’oxygène et devient explosif.

Autant de raisons qui font qu’il est difficile d’avoir des " stations à essence " à hydrogène.

L’hydrogène semble, pourtant, être une solution idéale pour faire rouler des véhicules électriques. En réagissant avec l’oxygène, l’hydrogène va produire de l’énergie qui pourra alimenter des batteries. Et les "déchets"… c’est de l’eau.

Il faudra d’ailleurs trouver des solutions pour remplacer les batteries actuelles qui fonctionnent avec un mélange Lithium-Ion. Il s’agit d’un mélange de terres et de métaux rares qui existent en quantités limitées sur la planète. De plus, le recyclage de ses batteries pose de gros problèmes techniques et environnementaux. Encore faudra-t-il domestiquer ce gaz ?

De la pâte pour faire rouler nos voitures ?

L’institut Franhaufer de Dresde semble avoir réalisé une avancée majeure dans le domaine. Ils ont réussi à fabriquer un mélange d’hydrogène et de magnésium. Le résultat ressemble un peu à du slime voir à de la pâte dentifrice. Cette pâte porte le nom de Power Paste


►►► A lire aussi : Le power paste, c’est quoi ? (en anglais)


Si on rajoute de l’eau sur cette pâte, on libère l’hydrogène et du même coup de l’énergie qui peut alimenter une pile à combustible. Le tout de manière simple et sécurisée.

Quel avenir ?

Le procédé a été testé en laboratoire et semble prometteur mais il faut maintenant étudier une série de paramètres.

  • Est-il possible de produire à grande échelle ?
  • Comment distribuer ce carburant ?
  • On doit encore estimer le coût de ce produit. Aujourd’hui, on l’estime à 2 euros le kilo. Encore faudra-t-il tester combien de kilomètres il permettra de parcourir et ainsi de voir son intérêt économique. Aujourd’hui faire un plein d’hydrogène est plus ou mois équivalent à un plein d’essence.
  • Enfin, il faudra estimer le coût énergétique et environnemental global. Si les rejets se limitent à de l’eau, qu’en est-il de l’énergie dépensée pour le produire.

 

A suivre donc…

 

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