Week-end Première

Pourquoi avons-nous peur des serpents ?

Pourquoi avons-nous peur des serpents ?
Pourquoi avons-nous peur des serpents ? - © Pixabay

On sait que les singes sont très capables de détecter visuellement les serpents. Est-ce inné, suite à la sélection naturelle, ou est-ce acquis par leur éducation ? Et qu’en est-il des humains ? Pasquale Nardone ramène sa science !

Un article, publié en mai dernier par la revue Nature – Scientific Reports -, publie les conclusions d’une étude réalisée par une équipe belge de l’Institut de Neurosciences de l’ULB. Le groupe s’intéresse à la conscience : qu’est-ce que la conscience ? Comment se développe-t-elle ?


Une étude sur le cerveau immature des bébés

Les chercheurs ont essayé de voir si dans un cerveau immature, il y a bien une détection automatique de prédateurs.

Ils ont pour cela étudié les réactions électriques cérébrales de 26 enfants âgés de 7 à 9 mois, à qui ils ont montré 6 images d’animaux par seconde : vaches, chiens, poissons, lapins, chevaux…

Toutes les 5 images, ils ont rajouté une image, soit de serpent enroulé, soit de grenouille, soit de chenille. La position enroulée du serpent ressemblait fortement à une grenouille ou à une chenille.

Ils ont examiné les réactions électriques du cerveau, pour voir s’il y avait une corrélation entre ce que les bébés voyaient, dont ils ne pouvaient pas vraiment avoir conscience puisque les images passaient très vite, et la détection au niveau de l’électroencéphalogramme.


La détection automatique de danger potentiel

Les chercheurs ont ainsi pu démontrer que, dès qu’il y a un serpent, il y a une réaction au niveau des électrodes occipitales, celles qui mesurent l’activité du cortex visuel.

Le bébé, sans être conscient, sait donc déjà détecter que cet animal-là est problématique par rapport à la grenouille, à la chenille, ou encore au chien ou au chat. L’enfant n’a pas peur, c’est juste une réaction tout à fait inconsciente.

Il y a donc bien, câblé par sélection naturelle au niveau des cerveaux des primates et donc des enfants qui ne sont pas encore développés ni éduqués complètement, une réaction directe lorsqu’on présente une image de prédateur potentiel, en l’occurrence le serpent, avec la possibilité de le distinguer d’autres animaux qui lui ressemblent, dans ce cas la grenouille ou la chenille. Un câblage à l’intérieur du cerveau va directement faire la sélection entre un animal 'normal' et un autre qui serait potentiellement dangereux.

La réaction qui viendrait après, à savoir la peur, serait une construction éducative. On va habituer l’enfant à avoir peur ou à ne pas avoir peur, en fonction du contexte social. La peur des araignées, par exemple, est fortement ancrée, mais elle est totalement éducative, souligne Pasquale Nardone.

>> Vers l’article complet de la revue Nature >>

 

Pasquale ramène sa science, c’est ici

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