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Oskar Schindler : un Juste parmi les nations

Beaucoup connaissent certainement le film "La liste de Schindler" de Steven Spielberg... Grâce au succès mondial du réalisateur américain dans les années 90, un homme allait atteindre une notoriété qui était restée modeste jusque-là. Oskar Schindler, le "sauveur de juifs" durant la Seconde Guerre mondiale, devenait l’archétype d’une autre Allemagne, la bonne, qui avait résisté sous le Troisième Reich. Oskar Schindler né le 28 avril 1908 aurait eu 111 ans aujourd’hui.

Oskar Schindler est né dans une petite ville appartenant à la République Tchèque actuelle. Après un apprentissage dans l’usine de machines agricoles de son père, il y travaille jusqu’à la fermeture de l’entreprise à la suite de la crise économique de la fin des années vingt. Il travaille ensuite pour les services de renseignement allemands dans la Tchécoslovaquie de l’époque. En 1939, Il adhère au parti nazi et s’installe après l’invasion de la Pologne à Cracovie. L’homme connu pour ses frasques dans sa vie privée veut d’abord faire de bonnes affaires. Il reprend à Cracovie une petite usine d’ustensiles de cuisine. Les commandes de l’armée allemande sont lucratives et permettent à Oskar Schindler de faire de bonnes affaires. Il élargit sa palette en produisant aussi des obus antichars. L’hédoniste mêle une vie des plus agréables sans se soucier particulièrement des contingences politiques.

Au départ, Schindler agit pour des raisons intéressées

Mais alors comment cet homme d’affaires apparemment sans grands états d’âmes est-il devenu si célèbre en ayant sauvé des juifs ? Au départ, Schindler agit pour des raisons intéressées. Sur les 800 employés de son entreprise, près de la moitié sont juifs et habitent dans le ghetto de Cracovie créé en 1941. Ses salariés lui coûtent moins cher. Mais peu à peu, leurs conditions de vie le choquent. Schindler obtient que son usine soit considérée comme essentielle pour l’économie de guerre. Cela lui permet de conserver ses employés juifs et de les protéger de la déportation. Il obtient même qu’ils puissent être hébergés dans un camp à côté de l’usine où les conditions de vie sont meilleures. Schindler est interrogé à plusieurs reprises par la Gestapo qui lui reproche des irrégularités, des pots de vin à la SS et les avantages qu’il procurait à ses salariés juifs.

Fin 1944, le camp auquel ces personnes sont rattachées est dissous face à l’avancée de l’Armée rouge. Schindler au lieu de disparaitre, obtient un déménagement de l’entreprise vers la Moravie. C’est à cette occasion que la liste qui donne son nom au film de Steven Spielberg est établie. Au bout du compte, aucun des employés juifs d’Oskar Schindler ne sera déporté.

Un Juste parmi les nations

Professionnellement, sa carrière après 1945 n’est pas très réussie. Ses difficultés matérielles alertent plus tard des survivants juifs de l’holocauste qui viennent en aide à Schindler. Ses dernières années –il meurt en 1974- se partagent entre Israël où il est enterré et l’Allemagne. Un juif sauvé par Schindler écrit un livre en 1980 qui servira de base au film de Spielberg. Le succès du film fera de lui au mémorial de Yad Vashem en Israël un Juste parmi les nations.

En Allemagne le film de Spielberg attire à sa sortie en 1994 six millions de personnes en deux semaines. La ville de Cracovie achète en 2005 l’usine d’Oskar Schindler transformée en musée depuis 2010.

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