Week-end Première

Musicothérapeute : soigner les gens par la musique

On dit la Musique capable de procurer plaisir, émotion, inspiration, de guérir même. Avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on explore le métier de Musicothérapeute.

La musique, star de la cour des miracles !

Supposée efficace contre la mélancolie, les mœurs barbares, guérissant la folie, l’alcoolisme, les maladies cardiaques, luttant contre Alzheimer, certains vont jusqu’à lui prêter le pouvoir d’apaiser les piqures d’insectes et de guérir l’éjaculation précoce.

De quoi se méfier, tant il est vrai qu’à la cour des miracles, la musique a toujours eu bonne presse, à tort évidemment, mais aussi à raison. Car derrière toute ces supputations, tient une réalité physique et physiologique indiscutable : la Musique en tant qu’événement vibratoire et sensoriel, a un principe actif sur le corps humain. Et c’est autour de cette réalité-là que la musicothérapie s’est construite pas à pas.

Soigner avec la Musique : une très longue histoire

 

La Musique traverse toute l’Histoire des sociétés humaines.  De l’Antiquité, aux Hébreux en passant par la médecine Arabe : soigner les corps et les âmes par les sons, les chants et la musique des instruments est un fait universel.

Quelques exemples suffisent :

  • Chez les Grecs où une grille de prescription musicale permettait, selon les maux des patients, de conseiller le meilleur mode harmonique (le mixolydien, le lydien, le phrygien, le dorien, l'hypolydien, l'hypophrygien et l'hypodorien) et la bonne tessiture (hauteur des sons) pour écouter de la Musique ;
  • En pleine Renaissance, lorsque les quatre éléments (eau, feu, terre, air) étaient croisés à la théorie des humeurs, pour déterminer quels styles de musique écouter pour aller mieux ;
  • Où encore, durant l’époque Baroque, lorsque le célèbre Castrat Farinelli chantait journellement pour le roi Philippe V d’Espagne, non pour agréements, mais à la demande expresse de l’équipe médicale royale, pour apaiser l’état mental du souverain.


Les exemples ne manquent pas et amènent à penser que comme beaucoup de science, la musicothérapie a connu une longue enfance, bourrée de croyances.
 

 

Un métier qui a de l’avenir

Depuis les années 50 on commence à atterrir. La science cognitive et les appareils de mesures et d’imagerie cérébrale aidant, on sait à présent que la musique agit sur : le taux de dopamine, les hormones, le rythme cardiaque, respiratoire, la tension artérielle, la concentration, ainsi que la résistance à l’effort, etc.

Et c’est forte de ces découvertes récentes que la musicothérapie peut se définir aujourd’hui comme l'utilisation de la musique et des sons dans une démarche thérapeutique s’inscrivant dans le champ du renforcement et de la consolidation des parcours de soins classique.

Il existe trois sortes d’approches. La musicothérapie active, où le patient est invité à interagir avec l’expérience sonore. La musicothérapie réceptive : où le patient écoute et reçoit les sons. Enfin : la détente psychomusicale : préparant le terrain à des opérations sous hypnose, à de la relaxation post-traumatique, ou encore pour lutter contre la douleur.

Loin des conseils à demi sérieux, qu’on trouve parfois dans les magazines et qui enseignent en vrac que le boléro de Ravel est idéal pour faire l’amour longtemps, que le chant grégorien booste notre spiritualité, et que les harmoniques Mozartiennes feront de votre enfant un génie absolu, la Musicothérapie est en passe de se faire une place dans la cour très sérieuse des métiers d’avenir.

 

Son quotidien

Au quotidien, le musicothérapeute, s'entretient avec les patients tout au long du processus, et analyse ses états mentaux et physiques. Ce afin de construire des parcours sonores et musicaux sur mesures, adaptés aux besoins du patient, et ce en collaboration avec les autres partenaires de soin, puis opère les séquences nécessaires jusqu'au rétablissement ou l’amélioration de la situation.

Méthode complémentaire au processus classique, la musicothérapie vient en parfait renfort : en soutient par exemple durant une opération, un réveil, d’une sortie de coma, une anesthésie, un accouchement ou encore dans le cadre d’une rééducation.

Pour exercer la musicothérapie, les qualités indispensables seront : l’empathie, l’écoute et la compréhension. Il faut une grande passion pour la musique et toutes les musiques et être prêt à faire une formation exigeante. Par exemple, le centre Formaplus en Province de Liège en offre une, très complète. Mais elle n’est pas la seule et si vous souhaitez obtenir plus d’infos pour avancer : n’hésitez pas à contacter vos cités des métiers préférées à Bruxelles, Charleroi, Namur ou Liège.

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