Week-end Première

"Délivrez-vous! Les promesses du livre à l'ère numérique"

temporary-20181006112537
3 images
temporary-20181006112537 - © Tous droits réservés

À l’heure où le digital inonde notre vie, quel avenir pour le livre papier ? Comme dans le monde de la musique, peut-on parler d’un bouleversement du marché avec l’arrivée de la lecture numérique ? Mais surtout, "existe-t-il meilleur moyen que le livre pour nous déconnecter de notre brouhaha numérique et nous reconnecter au monde ?". Paul Vacca, journaliste et auteur de "Délivrez-nous ! Les promesses du livre à l’ère numérique" était l’invité de Sophie Moens dans Week-end 1ère. Découverte.

L’émergence du livre digital entraine-t-il, de facto, une disparition progressive du livre papier ? C’est une question qu’on est en droit de se poser dans notre univers toujours plus numérisé. Et pourtant, la réponse est non. D’après les derniers chiffres de l’ADEB (l’association des éditeurs belges), seuls 7 % des lecteurs lisent exclusivement en numérique, alors que 44% des lecteurs utilisent le papier et le digital. Preuve que ces deux formats peuvent coexister.

Le livre : un outil d’utilité publique qui se partage

 

Là où une des grandes forces du livre est de pouvoir se partager, c’est "l’insoutenable égoïsme de l’ebook" que Paul Vacca met en lumière : "L’ebook, il est verrouillé. Essayez de le donner ou de le prêter... Vous vous voyez prêter votre liseuse ou votre téléphone ? Dans tous les cas, c’est compliqué. Cette numérisation enlève ce partage qu’on retrouve quand on offre ou quand on prête un livre." De plus, les lectures sur tablettes sont souvent liées à des domaines spécifiques. En effet, du côté numérique, le monopole des ventes est presque entièrement détenu par des domaines spécifiques comme les sciences humaines ou encore la littérature sentimentale "Arlequin".

Amazon, Google, Kobo, Apple…  Des géants qui font de l’ombre ?

 

Il faut savoir que le marché du livre n’est pas un "marché colossal". Il y a deux ans, il existait une crainte chez les libraires quant à l’arrivée de ces géants qui risquaient de marcher sur leurs platebandes voire même de les remplacer. Mais pour Paul Vacca, cette crainte ne s’est jamais concrétisée, chacun ayant réussi à "trouver sa place" : "les libraires, en étant justement libraires, se démarquent des géants comme Amazon. Amazon n’apporte pas de conseils. Sur Amazon, on va chercher quelque chose en particulier, mais surtout quelque chose qu’on aime déjà. On reste dans sa boucle. Alors que les libraires, eux, sont des passeurs. Ils conseillent et encouragent la découverte."

Formidable outil de reconnexion au monde ou format dépassé ?

 

"Et puis Amazon nous guide aussi dans nos choix en matière de littérature. L’hyper connexion fait qu’Amazon sait tout de nous, ça c’est une réalité aussi, on a peut-être moins le choix" s’exclame Sophie Moens. Une constatation partagée par Paul Vacca qui parle quant à lui du livre papier comme un "véritable exutoire qui permet de se déconnecter mais aussi d'une certaine manière de se reconnecter" : "la déconnexion n’est pas possible avec cet univers numérique. Le livre, c’est la vraie déconnexion mais c’est surtout une reconnexion avec le monde. D’ailleurs les neuroscientifiques ont vu que justement, on avait une lecture beaucoup plus profonde et une meilleure appréhension de ce qu’était le texte et les idées à travers le papier." Avant de poursuivre "Réjouissons-nous que le livre soit toujours là. Il ne faut pas les voir comme des concurrents mais plutôt comme des offres plurielles. L’idée c’est de se dire que le plaisir de lire est un plaisir unique qu’on ne retrouve pas ailleurs."

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK