Week-end Première

La marche, c'est bon pour la santé physique et mentale

Je marche, tu marches, et nous marchons 
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Une activité que nous pratiquons tous les jours et pourtant quasiment de manière inconsciente, c’est la marche. Acquise généralement dans la première année de notre vie, elle nous accompagne tout au long de celle-ci pour la plupart d’entre nous. Elle varie de par sa longueur, sa destination ou encore sa fonction.

Seul ou à plusieurs, activité de loisirs, d’introspection, d’exploration, déplacement utilitaire, quête spirituelle, action militante voir thérapie, la marche se décline sous de nombreuses facettes.

La marche nous parle de notre humanité.  Nous naissons incapables de prendre soin de nous, il nous faudra près d’un an pour apprendre à marcher : contrairement à nous, le poulain peut se tenir debout et marcher quelques heures après sa naissance. Quelques jours plus tard, il peut courir suffisamment vite pour suivre sa mère.

Et pourtant nous marchons, la plupart d’entre nous…

N’est ce pas incroyable de pouvoir marcher ? De pouvoir choisir de nous déplacer d’un endroit à un autre…

 

De l’importance de la marche

Tant psychiquement que physiquement, les bienfaits de l’activité physique et de la marche ont été reconnus par de nombreuses études. 

Sauf qu'en 2019, nous ne marchons pas assez voir plus du tout! 

Dans les pays industrialisés, nos modes de vie ont évolués de façon à réduire continuellement la dépense physique de nos activités professionnelles. (Augmentation du télétravail, des moyens de transports, services de livraison, automatisation et digitalisation des processus,...) Cette sédentarisation excessive nuit au bon équilibre de la santé physique… mais aussi mentale. (Rapport INSERM, 2008)

Ces études démontrent que les états dépressifs et anxieux sont réduits de manière importante grâce à l’activité physique, que ce soit dans la population générale ou dans des sous-groupes de personnes diagnostiquées avec une dépression ou des états anxieux.

Dans le cas de la dépression, les effets sont plus importants dans les cas modérés à sévères que dans les dépressions légères et ce indépendamment du genre, de l’âge, de la fréquence, de la durée, de l’intensité et du type d’activité (nage, sport ou marche).

La marche bonne pour la santé physique mais pas que! 

Marcher pour créer:

" La marche est riche de pensées si elle est libre, choisie et sans autre objet que de passer un moment avec soi-même ".

Lorsque nous marchons, si nous marchons assez longtemps, et si possible sans objectif autre, alors, il peut se faire comme de l’espace en nous. N’est ce pas à une condition de la créativité ? Un peu comme une transe, le rythme du tambour c’est celui de nos pas. Nos pensées peuvent alors vagabonder, sortir de leur ornières habituelles, divaguer et errer dans nos paysages mentaux, nous permettre de changer de perspective…

Cela nous renvoie d'ailleurs à une étude scientifique d’une équipe de chercheurs de l’Université de Stanford qui montrait que l’on était plus créatifs en marchant qu’en étant assis!

Marcher pour philospoher

Cette importance de la marche se retrouve chez de nombreux philosophes.

Marcher pour méditer

Une activité qui nous mets en lien avec la beauté du monde

Le Bouddha historique marchait plusieurs heures par jour…

Pour Thich Nhat Hanh la marche est une pratique méditative à part entière. “Chaque pas nous apporte la solidité, la liberté. Et, grâce à cela, on peut entrer en contact avec les merveilles de la vie tout autour de nous pour aider à notre transformation, notre guérison, " je suis arrivé, je suis chez moi, je n'ai plus à courir. "” nous dit-il.

La marche et l'engagement social

-Marche pour la liberté de Martin Luther King, marche de Satish Kumar, marche des suffragettes… depuis la nuit des temps, l'homme marche pour faire valoir ses droits les plus essentiels!

La marche comme attitude de résistance dans un monde qui s’accélère et parfois se déshumanise (qui instrumentalise tout) (pour prendre soin de notre humanité poétique et nous rappeler que nous sommes des terriens)

A retenir: 

Dans ce monde qui va toujours de plus en plus vite, où toute action doit être rentable, utile, le nombre d’adeptes de la marche ne cesse de grandir. En effet, cette activité est plutôt synonyme de disponibilité, de moment pour soi ou partagé avec des proches, d’ouverture à ce qui nous entoure, choses pour lesquelles on oublie parfois de prendre le temps dans notre quotidien millimétré.

De même que David Le breton dans son éloge des chemins et de la lenteur : “les premières heures d’une marche amènent à un allègement des soucis, à une libération de la pensée moins encline à la rumination et plus sollicitée par une recherche de solution du fait de l’ouverture à l’espace qui semble élargir le regard sur les choses.”

Mais ne vous attardez pas sur le début de la phrase qui dit “les premières heures d’une marche”, celle-ci ne doit pas spécialement être longue : “Ni la durée d’une marche, ni son cadre ne sont la condition de sa puissance de transformation intérieure, elle dépend surtout de ce que l’individu lui-même fait de ce temps de disponibilité, d’ouverture, ce temps qui n’appartient qu’à lui, où il importe de savoir qui l’on est et où l’on va.” (Lamoure, 2007).

Tout cela met bien en avant l’importance d’instaurer dans notre quotidien du temps pour aller se balader. Que ce soit un tour du quartier, en promenade en ville ou en forêt.

 

“N’est-ce pas uniquement par la marche que l’on peut atteindre certains lieux cachés et préservés dans toute leur beauté?” (Christophe Lamoure,2007)

Ilios Kotsou est docteur en psychologie, maître de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles et co-fondateur de l’asbl Emergences. Chaque semaine, il analyse un thème fondamental de nos vies quotidiennes. Retrouvez-le sur son blog, sur sa page Facebook et tous les dimanches dans Week-end Première.

 

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