Week-end Première

Foire du Livre : 'Flirt Flamand' marie des auteurs du nord et du sud du pays

Pourquoi les auteurs flamands ont-ils du mal à franchir la frontière linguistique ? Est-ce une question de culture, de traduction, de volonté politique ? Comment la Flandre agit-elle pour diffuser ses grandes voix littéraires ? Quelles sont les grandes tendances de la littérature flamande contemporaine ? Explications avec Els Aerts, responsable communication de Flanders Literature, et Marie Noble, commissaire générale de la Foire du Livre.

Les Francophones continuent à très peu s’intéresser à la littérature flamande.

"On est face à une frontière linguistique et culturelle tenace entre nos deux communautés, explique Marie Noble. On se connaît très peu finalement, il y a très peu de porosité entre les deux enseignements déjà. On se rend compte qu’on ne connaît ni la littérature, ni la musique, ni les stars de l’autre côté de la frontière linguistique."

C’est pourquoi la Foire du Livre met le paquet cette année pour promouvoir la littérature flamande !
 

Des mariages nord-sud

Le dispositif Flirt Flamand existe depuis 2 ans à la Foire du Livre. Cette année, des 'mariages' sont organisés entre des auteurs du nord et du sud du pays.

"On s’est dit : on va briser un peu cette glace, parce qu’on veut être plus européen et finalement on connaît si peu ceux qui habitent juste à côté de chez nous. Et on s’est lancé dans une grande aventure du "mariage" qui est symbolique mais qui est un début."

Il y a ainsi un mariage agencé chaque jour par Flanders Literature/Literatuur Vlaanderen. Après une rencontre passionnante entre David Van Reybrouck et Caroline Lamarche - échanges sur la culture, sur leurs expériences…-, le premier mariage unit Thomas Gunzig et Lize Spit. Ensemble, ils ont écrit une histoire, chacun avec leur style, bien différent, mais aussi complémentaire.

Flanders Literature/Literatuur Vlaanderen est une organisation gouvernementale qui a pour but de soutenir la littérature en Flandre et de promouvoir la littérature flamande à l’étranger : contacts avec des éditeurs étrangers et belges francophones, pour réaliser des traductions, etc… tout comme le fait la Promotion des Lettres de la FWB, du côté francophone.

"Il y a deux ans, on s’est dit qu’il était peut-être plus important de faire la promotion de l’autre côté de la frontière linguistique. Et c’est pourquoi on a lancé ce Flirt Flamand", explique Els Aerts.
 

Encourager les traductions en Belgique

Quand on dit BD belge, on pense à Hergé, Franquin, François Schuiten, Dominique Goblet… mais il y a toute une vague d’auteurs de BD flamands qui sont connus internationalement : Brecht Evens, Olivier Schrauwen, Judith Vanistendael,… "Il y a plus de reconnaissance qu’on ne le pense", souligne Els Aerts.

En littérature, les gros succès flamands de ces derniers temps sont Les Téméraires de Bart Van Loo, Débâcle de Lize Spit, qui nous sont arrivés après un détour par la France. Faut-il nécessairement passer par un éditeur français pour qu’un livre soit traduit du flamand au français ? "Cela pourrait très bien se faire en Belgique et on espère que cela se fera de plus en plus !"

Els Aerts tient à relever un problème. Literatuur Vlaanderen propose des aides à la traduction pour des éditeurs étrangers ou des éditeurs qui publient des traductions dans une autre langue, y compris pour des éditeurs belges francophones. La Promotion des Lettres, en revanche, ne peut pas donner d’aides à des maisons d’édition belges flamandes, tandis qu’aux Pays-Bas, elle le peut.

"C’est un problème. Nous, on veut faire les connexions, et c’est quelque chose qui est bizarre." Il faudrait plus d’aides à la traduction dans notre propre pays !
 

Qu’offre la littérature flamande, qu’on ne trouve pas ailleurs ?

La littérature étrangère offre en général d’autres imaginaires, d’autres sujets, d’autres façons de raconter.

"Il y a beaucoup de choses fantastiques dans la littérature flamande, malheureusement encore trop méconnues. Cette frontière linguistique est tellement tenace qu’on a tendance à aller voir ailleurs, alors que l’exotisme est au bord du trottoir", observe Marie Noble. Ses coups de coeur :

  • La truculence de la langue de Tom Lannoy, quand il parle des paysages, de sa famille, de son enracinement,… une sorte de rondeur particulière. Elle recommande en particulier La langue de ma mère.
     
  • "Gerda Dendooven ou Ingrid Godon ont une manière bien à elles d’écrire et d’illustrer. Je suis fascinée par les auteurs, autrices, illustrateurs, illustratrices jeunesse, il y a là une énergie assez géniale."
     
  • David Van Reybrouck et sa langue très ciselée, très forte, très vive.


Els Aerts, fan de BD et de romans graphiques, conseille le dernier livre de Simon Spruyt, maître conteur : Le tambour de la Moskova, qui a été publié en néerlandais et en français simultanément. L’histoire d’un jeune tambour dans l’armée de Napoléon. Un polar et une oeuvre d’art réunis en un seul livre.
 

Et vous, quel serait votre livre coup de coeur ?

Match Maker, c’est un super outil qui a vu le jour sur le site Flirtflamand.be, à l’occasion de cette Foire du Livre, et qui permet de trouver son âme soeur en littérature flamande !
Répondez à quelques questions et vous découvrirez votre match !


La Foire du Livre de Bruxelles,
c’est jusqu’au 16 mai, en ligne sur flb.be
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