Week-end Première

Deux femmes ont révolutionné la science en 2020, et ça n’a aucun lien avec le Covid-19 !

Comme chaque année, le magazine scientifique de référence Nature a sélectionné les 10 personnalités scientifiques qui ont marqué l’année précédente. En 2020, ce sont 6 femmes et 4 hommes qui ont été mis sous le feu des projecteurs. Parmi ce top 10, deux femmes ont particulièrement retenu l’attention de notre chroniqueur Pasquale Nardonne pour leur travail atypique (qui n’a rien à voir avec la crise du Covid-19). Il nous raconte.

Verena Mohaupt : la logisticienne de l’Arctique

 

Dans le top 10 des scientifiques qui ont marqué l’année 2020 figure Verena Mohaupt, une allemande qui travaille à l’institut Wegener. "C’est une logisticienne", précise Pasquale Nardone. "C’est-à-dire qu’elle encadre les études scientifiques. Sans elle, rien n’est strictement possible, parce qu’elle s’occupe de tout."

En 2020, Verena Mohaupt a dirigé l’expédition Mosaic pour l’Observatoire multidisciplinaire, qui est chargé d’étudier le climat en Arctique. "Cette dame a géré près de 300 scientifiques sur un bateau qui a voyagé pendant 389 jours, qui a parcouru 16 232 kilomètres, qui a été emprisonné dans la glace et qui s’est laissé dériver dans la nuit polaire pour pouvoir faire la plus grande étude sur l’évolution du climat, mais aussi sur l’évolution de la faune et de la flore aquatique", s’émerveille le chroniqueur.

"Imaginez, ils étaient isolés sur un bateau où il était très difficile de recevoir des secours […]. Il faut gérer la nourriture, gérer les maladies, gérer le matériel scientifique… et gérer aussi les ours polaires qui viennent dire bonjour !" poursuit Pasquale Nardone. "Verena Mohaupt a été mise à l’honneur à juste titre, car sans ce genre de personne capable de gérer une équipe de 300 personnes dans ces conditions, rien n’est possible", conclut-il.

Chanda Prescod-Weinstein : l’astrophysicienne féministe et antiraciste

 

"Mon deuxième coup de cœur parmi ce top 10, c’est Chanda Prescod-Weinstein" continue Pasquale Nardone. Son travail sur la matière noire et sur la formation de galaxies est reconnu du milieu scientifique. Mais ce n’est pas pour cette raison que notre chroniqueur nous en parle : "C’est une astrophysicienne de 38 ans mais c’est aussi une militante féministe. En tant que femme scientifique métissée, elle s’est battue d’une part pour la cause féministe dans le domaine des sciences mais aussi contre le racisme via une grève pour black lives".

"Le militantisme est important pour favoriser le développement des études scientifiques dans des groupes où ce choix n’est pas forcément le premier choix, comme les femmes ou les personnes racisées." précise-t-il. "Et c'est pour cette raison notamment qu'elle a été sélectionnée par Nature."

Retrouvez Pasquale ramène sa science dans le podcast ci-dessous :

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